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Jean-Michel Rang: Administrateur

   Age : 56 Inscrit le : 16 Avr 2005 Messages : 1357 Votre commune et votre pays : Paris La Défense - Royaume de France Votre profession : Communicateur Vos loisirs : Internautiques
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| Sujet: Re: Le scoutisme Mer 28 Mar - 10:45 | |
| J'ajoute aussi les scouts de Riaumont, la citadelle de l'Espérance. http://www.riaumont.net/ |
| .gif) | | Abbé Grossin Sénéchal

   Age : 41 Inscrit le : 07 Mar 2007 Messages : 73 Votre commune et votre pays : Par grâce et aussi par vouloir, je dors en Bretagne ce soir. Votre profession : Prêtre catholique
| Sujet: Re: Le scoutisme Mer 28 Mar - 10:53 | |
| 1) Historique du scoutisme.
Mais ici, il est nécessaire que je fasse un peu d’histoire. Le fondateur du scoutisme est le général anglais Baden-Powell, par abréviation « B.P.». C’était un colonial ; il avait eu des contacts avec de nombreuses peuplades primitives et il en avait étudié les mœurs ; il vécut longtemps dans l’Inde et parvint à une connaissance approfondie de la philosophie hindoue ; il était Franc-Maçon et faisait partie de la Société Théosophique. Le duc de Connaught, frère du roi d’Angleterre, était à la fois président général du Scoutisme International et Grand Maître de la Franc-Maçonnerie anglaise. D’une manière générale, on considérait Baden-Powell comme très versé dans ce qu’on appelle les sciences occultes. Sa qualité d’officier ne l’empêcha jamais d’être un esprit libre, et c’est en essayant de substituer au « drill », c’est-à-dire à l’exercice, ou instruction collective des recrues, comme elle se pratiquait alors dans toutes casernes du monde, une méthode qui s’occupait de l’individu et non de la masse, qu’il inventa le scoutisme. Le premier exposé qu’il en fit, Aids to scouting, à l’usage des instructeurs militaires, date de 1883. Il fit l’essai de cette méthode, adaptée aux enfants, dans un camp qui dura deux semaines, du 25 juillet a 9 août 1907. Le récit qu’il fit de ce camp donna naissance à l’ouvrage Scouting for boys.
2) Le scoutisme en France
Déjà fin 1910, dans son patronage de Grenelle, la pasteur Gallienne, et dans les premiers mois de 1911, à l’École des Roches (l’école des Charlier, Madiran et Dom Gérartd), Georges Berthier, avaient fondé des troupes d’Éclaireurs ouvertes à tous les enfants, sans distinction de religion. Et c’est ainsi qu’en France, le scoutisme naquit laïque, c’est-à-dire non confessionnel. A un moment, lors de l’assemblée générale, à la Sorbonne, de la Ligue d’Éducation Nationale, sous la présidence du recteur Liard, on put espérer qu’il garderait ce caractère ; mais la bonne entente ne dura que cinq jours et l’on vit se constituer trois groupes de scouts : les Éclaireurs de France ; les Éclaireurs Français, fidèles à la Ligue Nationale, laïques, les Éclaireurs Unionistes d’inspiration protestante qui se greffèrent sur les Unions chrétiennes de jeunes gens.
Il convient encore que je dise un mot du lieutenant de vaisseau Nicolas Benoît, injustement oublié, qui trouva la mort à Dixmude, en 1914. Au printemps de 1911, au cours d’un voyage en Angleterre, il eut la révélation de l’œuvre de Baden-Powell, et sans doute y reconnut-il certains traits de la technique psychophysiologique que pratiquent aux Indes les Yogis, qu’il avait étudiée, qu’il s’était appliquée et dont il avait retiré quelques avantages. Sous le pseudonyme de Victor Morgan, il venait de publier un admirable petit livre, aujourd’hui introuvable : La Voie du Chevalier, que l’éditeur présentait en ces termes : « C’est l’acte d’amour et de foi d’un officier de la marine française qui, au cours de voyages en Orient, pénétra les secrets de la sagesse antique et en reçut la Lumière. » En 1916, dans le Journal des Éclaireurs, rendant hommage à Nicolas Benoît qui s’était fait le pionnier enthousiaste de la nouvelle institution, un chef Éclaireur de France écrivait que, dans son voyage dans l’Inde, il s’était initié à « des doctrines encore peu connues sur les forces psychiques et le problème de la destinée de l’homme. ». Comme on voit, il y aurait aussi à RECHERCHER QUELS SONT LES LIENS DE PARENTE ENTRE LE SCOUTISME ET LA SOCIÉTÉ THÉOSOPHIQUE (C’est ce que j’ai fait dans le numéro 34 de La Tour de David, note de l’abbé Grossin) La mort de Nicolas Benoît fut une grande perte pour les Éclaireurs de France qu’elle priva d’un de leurs principaux inspirateurs.
Ce n’est pas qu’il n’y ait dans l’ouvrage Éclaireurs de nombreux « signes de piste » qui tracent bien la voie nouvelle que le scoutisme ouvre à l’éducation, mais ces signes, discrets, n’étaient pas compris de tous et l’orientation de la piste elle-même déconcertait les habitudes et les enseignements de la pédagogie traditionnelle. Le scoutisme eût peut-être dévié vers le camping et la préparation militaire qu’une interprétation, légitime mais superficielle de la méthode de BP faisait mettre au premier plan, si les camarades d’équipe de Nicolas Benoît, G. Berthier, Paul Charpentier, ne l’eussent maintenu dans la « voie droite ».
Ben Hiram
Tombe des époux BP SANS AUCUN SIGNE RELIGIEUX :
 _________________ C'EST L'ERREUR PLUS QUE LE VICE QUI NOUS A PERDUS. Le vice et même le crime ont des limites, l'erreur n'en a pas. IL FAUT DONC DIRE LA VÉRITÉ SANS FINESSE NI STRATEGIE.
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| Sujet: Re: Le scoutisme Mer 28 Mar - 10:58 | |
| Le scoutisme est la plus belle des préparations à la vie qui ait jamais été créée. S'il peut éveiller des vocations à la vie consacrée c'est merveilleux. Ce n'est pas obligatoire, bien sûr. Servir Dieu et sa Patrie, le plus beau des idéaux. |
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   Age : 41 Inscrit le : 07 Mar 2007 Messages : 73 Votre commune et votre pays : Par grâce et aussi par vouloir, je dors en Bretagne ce soir. Votre profession : Prêtre catholique
| Sujet: Re: Le scoutisme Mer 28 Mar - 10:59 | |
| L'Eglise catholique fut la première à apercevoir et à proclamer la parenté du scoutisme et de la Franc-Maçonnerie. C’est la papauté elle-même qui, dès 1911, prit l’initiative de contrarier l’essor du scoutisme. J’ai eu sous les yeux l’article publié ce jour-là par la Correspondance de Rome. Branle-bas de combat, auquel de nombreux évêques, en France, répondirent.
« Il y a entre les scouts, disait Mgr Delassus, des grades, des insignes, des cris d’animaux, tout un code de signes secrets pour se distinguer et se reconnaître : toutes choses qui portent bien avec elles un relent qui vient des Loges. » (Semaine Religieuse du diocèse de Cambrai, 21 octobre 1911). Le 23 décembre de la même année, il revenait à la charge : « L’origine du scoutisme est très suspecte et l’on peut constater sa très visible parenté avec la Franc-Maçonnerie, l’étoile à cinq rais. En stipulant l’obéissance aveugle à des chefs inconnus, en usant de cris, de signes, de gestes secrets, en permettant aux enfants de se cacher des grandes personnes et d’agir en dehors de leurs supérieurs naturels, il habitue ses adeptes à l’organisation occulte, à la hiérarchie mystérieuse de la secte. C’est bien la Franc-Maçonnerie pour enfants, comme on l’a dit. »
De son côté, l’évêque d’Angoulême disait : « Le scoutisme imite trop la Franc-Maçonnerie pour ne pas poursuivre le même but ; il a l’initiation, le serment, les grades, les épreuves, les mots et signes de reconnaissance, les saluts et insignes particuliers, les rites grotesques, tout un système de pratiques destinées à briser le ressort moral de la jeunesse pour en faire le jouet de la Franc-Maçonnerie. » _________________ C'EST L'ERREUR PLUS QUE LE VICE QUI NOUS A PERDUS. Le vice et même le crime ont des limites, l'erreur n'en a pas. IL FAUT DONC DIRE LA VÉRITÉ SANS FINESSE NI STRATEGIE. |
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   Age : 41 Inscrit le : 07 Mar 2007 Messages : 73 Votre commune et votre pays : Par grâce et aussi par vouloir, je dors en Bretagne ce soir. Votre profession : Prêtre catholique
| Sujet: Re: Le scoutisme Mer 28 Mar - 11:02 | |
| BADEN-POWELL : FRANC-MAÇON AU RITE ECOSSAIS ?
On peut d’abord noter qu’aucune des biographies de BP existant en français ne semble examiner cette question. Aucune ne prend d’ailleurs de recul sur la vie du fondateur et toutes sont de pieuses hagiographies où BP ne semble jamais avoir fait référence à la Franc-Maçonnerie. Mais n’oublions pas que la plus grande partie de ces biographies n’a jamais été traduite. Certains auteurs affirment que BP était franc-maçon. Citons par exemple Henri Viaux dans son remarquable ouvrage Aux sources du scoutisme français, p. 164 ; Philippe Laneyrie dans son livre Les Scouts de France, p. 55, et dans son interview à l’hebdomadaire La Vie du 26 juillet 1990. Certains francs-maçons soutiennent aussi cette thèse. D’autres affirment exactement l’inverse ; citons notamment le Dictionnaire de la F.M. de Daniel Ligou, énorme volume de 1300 pages et ouvrage essentiel sur le sujet. La qualité maçonnique de BP y est qualifiée de « légende solidement établie » dans un article « Scoutisme », pp. 1094-1095, comprenant par ailleurs de nombreuses erreurs. Le Dictionnaire de la Franc-Maçonnerie et des Francs-Maçons d’Alec Mellor dit la même chose.
Un point peut déjà être remarqué : si BP était franc-maçon, il ne le fut certainement pas au rite écossais, mais au rite émulation. Les Francs-Maçons ont en effet différents rites pour leurs cérémonies, comme il existe dans l’Église catholique différentes liturgies et différents rites : rite latin, rite maronite, rite copte... Un rite est en Maçonnerie une présentation particulière de celle-ci, se distinguant des autres rites par sa forme. Il existe des dizaines de rites maçonniques différents. Or, en Grande Bretagne, le rite principal est le rite « émulation », de loin le plus répandu. Le rite écossais (terme recouvrant en fait une multitude de rites dérivés de l’écossisme) n’a rien... d’écossais et semblerait être apparu en France au XVIIIe siècle. Il est inutilisé en Grande Bretagne.
Alors, BP fut il franc-maçon ? Une réponse définitive ne semble pas possible actuellement. Mais cependant plusieurs éléments du scoutisme présentent de curieuses analogies avec la Maçonnerie :
DES ÉLÉMENTS EXTÉRIEURS : Les rituels, surtout celui de la Promesse décrite dans Éclaireurs, le signe secret de l’Éclaireur (c’est la définition du salut scout dans le Livre des Louveteaux, le Livre de l’Éclaireuse, et Éclaireurs... tout au moins dans leurs traductions françaises !), la chaîne d’union dans les rassemblements, les cris de patrouilles, les trois « grades» des scouts (aspirant, 2e classe, 1ère classe, les Francs-maçons ayant les grades d’apprenti, compagnon, maître), le nom des louveteaux (qui désignent en maçonnerie le fils d’un franc-maçon) : tout ceci rappelle les signes extérieurs de la maçonnerie.
DES ÉLÉMENTS INTÉRIEURS : La méthode scoute peut s’apparenter à la méthode ésotérique. Le scoutisme peut par sa méthode être perçu comme un système initiatique, ce qu’est justement la Franc-Maçonnerie. Le parallèle entre la promesse scoute et l’initiation maçonnique est facile. Et surtout, ce sont les finalités du scoutisme qui peuvent démontrer son aspect initiatique. Le scoutisme propose à l’enfant de s’emparer de la règle morale et de l’intérioriser : le scoutisme prend les enfants comme moyen et comme but de l’éducation.
La Franc-maçonnerie fait la même chose de ses membres. « Matière première et outil, le franc-maçon est le produit de son travail » écrit Armand Bédarride, maçon érudit... très intéressé au scoutisme. La proximité des positions religieuses de la Franc-Maçonnerie anglaise et du scoutisme sont aussi à noter : ces deux institutions se référent à un déisme, à l’existence d’un Dieu, sans beaucoup plus de précision. « Nous insistons sur un point : le garçon doit observer et mettre en pratique la religion qu’il professe, quelle qu’elle soit », écrit BP dans Éclaireurs. Pour BP, le scoutisme doit amener les enfants à apprendre par eux-mêmes, à se discipliner eux-mêmes, sans intervention extérieure. Fait peu connu, il existe plusieurs textes sur le thème « Scoutisme et Franc-Maçonnerie ». La revue maçonnique La Chaîne d’Union publia en 1938 un texte de 32 pages signé Deschamps et intitulé « Scoutisme et Franc-Maçonnerie ». II s’agit très vraisemblablement d’un texte de Pierre Deschamps, Commissaire Régional Éclaireurs de France, franc-maçon au Grand Orient de France et membre de la Ligue de l’Enseignement. Ce texte dresse un très intéressant parallèle entre la méthode scoute et la méthode initiatique. La même revue La Chaîne d’Union publia en 1950 un autre texte intitulé « Le scoutisme vu par la Franc-Maçonnerie » et signé Ben Hiram49, [...]. Ce texte de 1950 est très proche de celui de 1938, bien que beaucoup moins agressif envers les Scouts de France et l’Église catholique. Deschamps terminait en effet son texte en écrivant « Quand un francmaçon s’intéresse au scoutisme, il ne fait que veiller sur la croissance d’un enfant dont les liens de parenté avec la Franc-Maçonnerie sont certains, et que les adversaires de notre Ordre voudraient lui ravir ». Pour Deschamps et Ben Hiram, BP fut franc-maçon.
Source : Jean-Jacques GAUTHE http://www.fm-fr.org/fr/article.php3?id_article=0075 _________________ C'EST L'ERREUR PLUS QUE LE VICE QUI NOUS A PERDUS. Le vice et même le crime ont des limites, l'erreur n'en a pas. IL FAUT DONC DIRE LA VÉRITÉ SANS FINESSE NI STRATEGIE. |
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| Sujet: Re: Le scoutisme Mer 28 Mar - 11:03 | |
| | Je ne vois nullement un germe de franc-maçonnerie dans l'engagement scout, pour ma part. J'y vois au contraire un merveilleux mouvement qui encadre noblement et dignement la Jeunesse et la préserve de l'oisiveté et de la médiocrité du monde moderne actuel sans valeurs hormis, si l'on peut dire (!!!!) le dieu Argent et le dieu Consommation. |
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   Age : 41 Inscrit le : 07 Mar 2007 Messages : 73 Votre commune et votre pays : Par grâce et aussi par vouloir, je dors en Bretagne ce soir. Votre profession : Prêtre catholique
| Sujet: Re: Le scoutisme Mer 28 Mar - 20:15 | |
| Baden-Powell et Annie Besant : Scoutisme ET théosophie
C’est aux Indes, en 1883, alors qu’il était jeune officier de cavalerie au 13e Hussard, que Baden Powell va créer de toute pièce l’art de la reconnaissance ou le scouting et non pas en Afrique du Sud où il appliquera la méthode inventée aux Indes. Est-ce pendant son séjour aux Indes que B.P. rencontra la théosophie ? Rien nous le prouve, mais cela serait assez probable. En tout cas, Annie Besant, très présente en Inde, comme il a été dit plus haut, a exercé un rôle primordial dans l’organisation mondiale du scoutisme.
Dans la Revue Universelle du 1er août 1922, on peut lire cet article signé Noël Maurice Denis : « Nous avons un second sujet de nous étonner dans le fait de la création à Londres de la Ligue de la Table Ronde fondée par Annie Besant quelques temps avant la réorganisation des boy-scouts et destinée à recruter chez eux. La Table Ronde fut constituée en société secrète : ses préceptes rendus publics par les boy-scouts nous permettent d’identifier les deux Ligues : ils sont les mêmes. On y trouve des conseils très particuliers comme l’obligation de la bonté pour les animaux et de la bonne action journalière. Des gens plus âgés aussi font partie de la Table Ronde : ils prêtent le serment formel du secret, étudient la doctrine théosophique et écoutent de multiples conférences destinées à faire pénétrer cette idée que le boy-scout complet est le chevalier de la Table Ronde. Ses premiers adhérents furent les meneurs du mouvement scout dans lequel ils cherchent un recrutement pour leur Ligue, si bien que les deux sociétés se pénètrent réciproquement et que les boy-scouts peuvent être considérés comme l’extériorisation de la Table Ronde, et la Table Ronde comme le comité secret des boy-scouts.
A côté de la Table Ronde existe une autre société d’origine théosophique, la Chaîne d’Or : elles ne font pas double emploi. Cette dernière s’adresse à l’ensemble du public, elle enrôle des enfants à partir de l’âge de sept ans. Les doctrines sont identiques ; on cherche surtout à y préparer le Messianisme (du Seigneur Maitreya, le Grand Instructeur Mondial du Nouvel Age ! ndr). La Chaîne d’Or existe à Paris et une délégation vint en 1911 saluer le Messie Krishnamurti, (fils adoptif d’Annie Besant, ndr). »
Le Bureau International du Scoutisme, créé à Londres lors du Jamboree de 1920, était placé sous la direction de Baden-Powell et d’Annie Besant. Toutes les Associations scoutes en dépendaient, y compris les catholiques. Rappelons cette citation d’Annie Besant : « Si vous voyez l’un de nous travailler pour un mouvement particulier dans le monde, sachez que c’est là une partie du plan mondial, et ce grand plan est : un nouveau ciel et une nouvelle terre édifiés sur les ruines de l’ancienne civilisation. » Entendez chrétienne, bien sûr !
Cette complicité entre le scoutisme et la théosophie a été revendiquée par un certain nombre de mouvements scouts. Citons : - Club des Jeunes Éclaireurs pour la conservation de l’esprit français de chevalerie, association théosophique d’éducation moderne dont le directeur était Jean Loiseau. - Les Éclaireurs Français sortis de la Ligue d’Éducation Nationale sont d’esprit théosophique. Ainsi l’affirmait le docteur Demarquay dans une conférence qu’il fit le 24 septembre 1912, à l’école théosophique de la rue du général Tripier, à Paris. Parlant des dix commandements scouts communs à toutes les associations scoutes de toutes confessions, il disait : « Ces principes sont beaux, ils sont pris sur ceux de la Table Ronde et de la Chaîne d’Or. »
La caractéristique de la théosophie est de se prétendre au-dessus des religions. C’est ce qui ressort des discours de clôture des Jamborees par Baden Powell. Il serait intéressant d’ailleurs d’étudier à la loupe tous les discours de BP à ces fameux « Jamborees ». Nous nous contenterons, pour l’instant, de quelques citations de BP dans la revue Le Jamboree :
« le pater était usité dans différentes formes de cultes même avant le christianisme » Janvier 1923.
« la théologie n’est pas nécessairement intéressante pour les jeunes gens, on y supplée en enseignant Dieu par l’étude de la nature. » Juillet 1922.
« Si la Société des Nations est un des grands résultats qu’a apporté la guerre pour la paix internationale, combien plus noble et plus précieuse serait une ligue des Églises, si celles-ci voulaient seulement prouver leur esprit de paix en abolissant toutes leurs petites différences pour la cause plus élevée de Dieu et l’humanité. » Avril 1924. _________________ C'EST L'ERREUR PLUS QUE LE VICE QUI NOUS A PERDUS. Le vice et même le crime ont des limites, l'erreur n'en a pas. IL FAUT DONC DIRE LA VÉRITÉ SANS FINESSE NI STRATEGIE. |
| .gif) | | Vieux chouan Sénéchal

 Inscrit le : 04 Mar 2007 Messages : 98 Votre commune et votre pays : Province de Bourgogne Votre profession : Retraité
| Sujet: Re: Le scoutisme Mer 28 Mar - 22:46 | |
| J'admire l'érudition de l'abbé Grossin. Vieux chouan |
| .gif) | | France_en_velours Sénéchal

 Inscrit le : 24 Fév 2007 Messages : 75 Votre commune et votre pays : Provence. Votre profession : Fonction publique d'Etat. Vos loisirs : Histoire, architecture, animaux, nature, vêtements masculins anciens. Aime compagnie retraités.
| Sujet: Re: Le scoutisme Mer 28 Mar - 22:48 | |
| | Vieux chouan a écrit: | J'admire l'érudition de l'abbé Grossin. Vieux chouan |
Ah! Il a de l'érudition, c'est bien le moins qu'on puisse dire... |
| .gif) | | Cadoudal Chevalier

 Inscrit le : 07 Mar 2007 Messages : 48 Votre commune et votre pays : Nantes en Bretagne, Pays de la Loire va te faire voir !
| Sujet: Re: Le scoutisme Mer 28 Mar - 23:25 | |
| [quote="Abbé Grossin"]BADEN-POWELL : FRANC-MAÇON AU RITE ECOSSAIS ?
On peut d’abord noter qu’aucune des biographies de BP existant en français ne semble examiner cette question. Aucune ne prend d’ailleurs de recul sur la vie du fondateur et toutes sont de pieuses hagiographies où BP ne semble jamais avoir fait référence à la Franc-Maçonnerie. Mais n’oublions pas que la plus grande partie de ces biographies n’a jamais été traduite. Certains auteurs affirment que BP était franc-maçon. Citons par exemple Henri Viaux dans son remarquable ouvrage Aux sources du scoutisme français, p. 164 ; Philippe Laneyrie dans son livre Les Scouts de France, p. 55, et dans son interview à l’hebdomadaire La Vie du 26 juillet 1990. Certains francs-maçons soutiennent aussi cette thèse. D’autres affirment exactement l’inverse ; citons notamment le Dictionnaire de la F.M. de Daniel Ligou, énorme volume de 1300 pages et ouvrage essentiel sur le sujet. La qualité maçonnique de BP y est qualifiée de « légende solidement établie » dans un article « Scoutisme », pp. 1094-1095, comprenant par ailleurs de nombreuses erreurs. Le Dictionnaire de la Franc-Maçonnerie et des Francs-Maçons d’Alec Mellor dit la même chose.
Un point peut déjà être remarqué : si BP était franc-maçon, il ne le fut certainement pas au rite écossais, mais au rite émulation. Les Francs-Maçons ont en effet différents rites pour leurs cérémonies, comme il existe dans l’Église catholique différentes liturgies et différents rites : rite latin, rite maronite, rite copte... Un rite est en Maçonnerie une présentation particulière de celle-ci, se distinguant des autres rites par sa forme. Il existe des dizaines de rites maçonniques différents. Or, en Grande Bretagne, le rite principal est le rite « émulation », de loin le plus répandu. Le rite écossais (terme recouvrant en fait une multitude de rites dérivés de l’écossisme) n’a rien... d’écossais et semblerait être apparu en France au XVIIIe siècle. Il est inutilisé en Grande Bretagne.
Alors, BP fut il franc-maçon ? Une réponse définitive ne semble pas possible actuellement. Mais cependant plusieurs éléments du scoutisme présentent de curieuses analogies avec la Maçonnerie :
DES ÉLÉMENTS EXTÉRIEURS : Les rituels, surtout celui de la Promesse décrite dans Éclaireurs, le signe secret de l’Éclaireur (c’est la définition du salut scout dans le Livre des Louveteaux, le Livre de l’Éclaireuse, et Éclaireurs... tout au moins dans leurs traductions françaises !), la chaîne d’union dans les rassemblements, les cris de patrouilles, les trois « grades» des scouts (aspirant, 2e classe, 1re classe, les Francs-maçons ayant les grades d’apprenti, compagnon, maître), le nom des louveteaux (qui désignent en maçonnerie le fils d’un franc-maçon) : tout ceci rappelle les signes extérieurs de la maçonnerie.
DES ÉLÉMENTS INTÉRIEURS : La méthode scoute peut s’apparenter à la méthode ésotérique. Le scoutisme peut par sa méthode être perçu comme un système initiatique, ce qu’est justement la Franc-Maçonnerie. Le parallèle entre la promesse scoute et l’initiation maçonnique est facile. Et surtout, ce sont les finalités du scoutisme qui peuvent démontrer son aspect initiatique. Le scoutisme propose à l’enfant de s’emparer de la règle morale et de l’intérioriser : le scoutisme prend les enfants comme moyen et comme but de l’éducation.
La Franc-maçonnerie fait la même chose de ses membres. « Matière première et outil, le franc-maçon est le produit de son travail » écrit Armand Bédarride, maçon érudit... très intéressé au scoutisme. La proximité des positions religieuses de la Franc-Maçonnerie anglaise et du scoutisme sont aussi à noter : ces deux institutions se référent à un déisme, à l’existence d’un Dieu, sans beaucoup plus de précision. « Nous insistons sur un point : le garçon doit observer et mettre en pratique la religion qu’il professe, quelle qu’elle soit », écrit BP dans Éclaireurs. Pour BP, le scoutisme doit amener les enfants à apprendre par eux-mêmes, à se discipliner eux-mêmes, sans intervention extérieure. Fait peu connu, il existe plusieurs textes sur le thème « Scoutisme et Franc-Maçonnerie ». La revue maçonnique La Chaîne d’Union publia en 1938 un texte de 32 pages signé Deschamps et intitulé « Scoutisme et Franc-Maçonnerie ». II s’agit très vraisemblablement d’un texte de Pierre Deschamps, Commissaire Régional Éclaireurs de France, franc-maçon au Grand Orient de France et membre de la Ligue de l’Enseignement. Ce texte dresse un très intéressant parallèle entre la méthode scoute et la méthode initiatique. La même revue La Chaîne d’Union publia en 1950 un autre texte intitulé « Le scoutisme vu par la Franc-Maçonnerie » et signé Ben Hiram49, [...]. Ce texte de 1950 est très proche de celui de 1938, bien que beaucoup moins agressif envers les Scouts de France et l’Église catholique. Deschamps terminait en effet son texte en écrivant « Quand un francmaçon s’intéresse au scoutisme, il ne fait que veiller sur la croissance d’un enfant dont les liens de parenté avec la Franc-Maçonnerie sont certains, et que les adversaires de notre Ordre voudraient lui ravir ». Pour Deschamps et Ben Hiram, BP fut franc-maçon.
Source : Jean-Jacques GAUTHE http://www.fm-fr.org/fr/article.php3?id_article=0075[/quote]
Impressionnant cette similitude et cette harmonie entre le scoutisme et la FM. Pourquoi donc personne ne le dénonce-t-il dans nos milieux ? Il y a comme une sorte de tabou à ne pas parler de ces choses-là. Un débat franc et documenté ne pourrait que rendre service à tous.
Monsieur l'abbé, seriez-vous d'accord pour venir faire une conférence sur ce sujet à quelques amis ? _________________ Messire Dieu premier servi ! |
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| Sujet: Re: Le scoutisme Jeu 29 Mar - 9:51 | |
| | Enfin, le scoutisme est, et restera, si Dieu veut, une merveilleuse initiation de nos jeunes à apprendre à servir et à respecter Dieu, la nature et son prochain. Et aussi une pépinière potentielle pour les vocations à la vie consacrée. |
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   Age : 41 Inscrit le : 07 Mar 2007 Messages : 73 Votre commune et votre pays : Par grâce et aussi par vouloir, je dors en Bretagne ce soir. Votre profession : Prêtre catholique
| Sujet: Le scoutisme et sa morale théosophique Ven 30 Mar - 19:20 | |
| Oui, pourquoi pas ? Je veux bien faire une conférence sur le sujet. Veuillez me contacter en message privé, svp !
Prenons la loi scoute catholique, présentée par le Père Sevin, et nous montrerons qu’elle n’est autre que l’éthique des théosophes. Le drame, c’est que dans l’esprit des enfants, cette loi scoute est la première référence à laquelle ils conforment leur vie quotidienne, et non plus la loi de Dieu et de l’Église. C’est elle qu’autrefois les scouts récitaient dans les églises après la communion, par exemple.
Article premier : Le scout met son honneur à mériter confiance.
Dans le commentaire de ce commandement, le Père Sevin dit : " Le Scout est franc. " (Pour devenir Scout de France, p. 28). Le Chevalier de la Table Ronde sur lequel le scout catholique est modelé, a de son côté pour devise : Parole franche. La formule usitée dans la Fraternité Théosophique de l’Étoile Rose commence par ces mots : En entrant dans la Fraternité de l’Étoile Rose, je m’engage à m’abstenir du mensonge. Les Chevaliers de la Table Ronde doivent s’attacher à la sincérité. L’identité de pensée est évidente, mais l’honneur d’avoir ainsi découvert un précepte aussi précieux revient à la théosophie dont les chefs sont précisément renommés pour leur duplicité. Puisqu’il est question d’honneur dans cet article de la loi scoute, faisons remarquer que les scouts abusent vraiment trop de ce mobile. C’est ainsi qu’au jour de son initiation et dans les fêtes scoutes, le jeune scout catholique s’engage sur son honneur à servir Dieu, l’Église et la Patrie, à aider son prochain en toutes circonstances et à observer la loi scoute. " Le scoutisme s’appuie tout d’abord sur l’honneur " dit le Père Sevin dans Les Scouts de France, p.6. Ce principe n’est pas sans danger car c’est ainsi qu’on forme des hypocrites pour qui tout est sauf pourvu que l’honneur le soit. D’autre part, il faudrait préciser, ce que ne fait jamais le Père Sevin, que l’honneur d’un scout catholique n’est pas de même nature que celui d’un scout protestant et encore moins d’un scout théosophe. Quand Baden Powell affirme : " on apprend à l’enfant ce qu’est l’honneur, ce qu’est la conscience, après quoi on lui fait un point d’honneur de faire tous ses efforts pour accomplir ce que sa conscience lui indique comme devoir ", loin de s’écrier avec le Père Sevin que cela sonne français et chrétien (Le Scoutisme p.34.), il faudrait plutôt se demander de quelle espèce de conscience et de devoir il s’agit. Il est certain que pour un théosophe la conception de la conscience et du devoir n’est pas la nôtre. Il ignore toute notion de péché et de réparation du péché. Pour lui, la liberté de conscience et de pensée est un principe absolu et sacré, alors qu’elle est condamnée par les papes catholiques. Par conséquent l’honneur du théosophe est un trompe-l’œil, un de ces mots vagues mais sonores qui remplacent avantageusement l’inconsistance de la pensée. Ces mots servent à leurrer un public ignorant et à capter la faveur d’une jeunesse enthousiaste et naïve. Ne nous laissons pas prendre par la magie des mots, définissons avec précision ce que nous mettons dessous.
Article troisième : Le scout est fait pour servir et sauver son prochain.
" Servir " est le mot d’ordre des scouts catholiques et des scouts tout court. Ils ne se font pas faute de le répéter dans tous leurs écrits. Mais c’est avant tout un mot d’ordre théosophique. L’idéal des Éclaireurs Bleus est de servir : " Servir fera de nous une force de bien dans le monde. " " Éduquer c’est servir " disent les membres de la Fraternité Théosophique pour l’éducation. Le service dans l’éducation est le titre d’un livre du théosophe Alcyone ; Le chemin du service, celui du théosophe Arundal, etc. Ce mot " servir " est un cliché, un condiment que les théosophes mettent à toutes les sauces. " C’est dans la famille, dans la maison, que l’enfant doit recevoir ses premières leçons de service, dit Annie Besant. Partout actuellement, jeunes garçons et jeunes filles sont constitués en des corps d’éclaireurs, ce que nous appelons en anglais des scouts ; ces jeunes scouts se vouent au service, promettent de faire chaque jour un acte de service, ils portent au col une cordelière avec un nœud qu’ils nouent en promettant de faire un acte de service dans la journée et qu’ils dénouent quand ils ont exécuté leur promesse. ". Voilà l’origine de la Bonne Action (B.A.) scoute et non pas saint Ignace comme le suppose naïvement le Père Sevin ! (Le Scoutisme p. 50). Mais servir qui ou quoi ? Voilà la question à laquelle nous attendons une réponse précise pour le scoutisme en général. Elle ne viendra ni des théosophes ni des scouts catholiques, car chacun y met ce qu’il veut bien. Pour les Théosophes, il s’agit de servir l’Homme, avec un H majuscule, car tout homme est dieu. Il faut donc exercer la solidarité, l’entraide et le dévouement. La devise complète des Éclaireurs Bleus théosophes le comporte :
Vie pure, parole franche, bien pour mal, service de l’humanité. Annie Besant écrit dans son livre Vers le Temple : " il est un sentier direct conduisant au terme ; dans ce fugitif instant d’illumination, l’âme comprend que le sentier a un nom qui est SERVIR et que tous ceux qui abordent cette voie directe doivent y entrer par une porte où brille en lettres d’or l’inscription : SERVICE DE L’HOMME. " Il s’agit aussi, pour les mêmes théosophes, de servir le Seigneur Maitreya, le Grand Instructeur Mondial, le Messie du Nouvel Âge qui doit venir. L’autre mot d’ordre : Être prêt vient lui aussi de la théosophie. Il ne veut rien dire en lui-même. Être prêt à quoi ? Chacun complétera comme il l’entend en fonction de sa religion. L’important est de faire consensus sur des mots les plus vagues possible qui permettent à tous les hommes de toutes les religions de tomber d’accord. La mise en pratique de ces mots d’ordre vagues se faisait dans les Jamborees.
Quatrième article : le scout est l’ami de tous et le frère de tout autre scout.
La Fraternité internationale. Voilà le mot magique, la pierre angulaire de la théosophie. Ce mot exprime le principe fondamental sur lequel repose tout l’édifice panthéiste de la théosophie. C’est tellement vrai que, au temps d’Annie Besant, la société théosophique n’exigeait de ceux qu’elle recevait dans son sein que la croyance à la Fraternité. Cette société théosophique s’est fixé trois buts :
- former un noyau de fraternité universelle dans l’humanité, sans distinction de race, de credo, de sexe, ou de couleur. ;
- encourager l’étude comparée des religions, de la philosophie et de la science. ;
- étudier les lois inexpliquées de la nature et les pouvoirs occultes de l’homme.
De ces buts, elle n’exige que l’acceptation du premier, affirmant que les autres suivront nécessairement avec le temps et l’influence du milieu qui sera un groupe réducteur. C’est en vertu de ce principe de la Fraternité que les scouts, de quelque nationalité qu’ils soient, se considèrent tous comme les membres d’une même famille et se soutiennent. Cela est particulièrement vrai lors des rassemblements internationaux que sont les Jamborees. C’était pour symboliser cette fraternité que les scouts du monde entier portaient le même uniforme à quoi tous étaient reconnaissables. Aujourd’hui, après la révolution de 1968, seuls les traditionalistes (SCDF) et les conservateurs (FSE, SUF) ont gardé ce principe. Lors du Jamboree de Birkenhead, en Angleterre, 1929, le 4 août, à 11 heures, le service protestant réunissait 30 000 éclaireurs en présence de " l’archevêque " de Cantorbéry (simple laïc dont l’ordination est invalide), tandis que la messe était célébrée devant 20 000 scouts catholiques en présence de l’archevêque de Westminster. Cela n’empêchait pas des scouts d’autres confessions ou même " neutres " de participer au Jamboree. C’est à tous ces garçons que BP fit distribuer une flèche d’or, symbole de bonne volonté, et leur adressa ce discours: " Maintenant, je vous envoie en mission dans vos pays apporter à tous vos frères le signe de la paix et de la bonne volonté. À partir de maintenant, le symbole de la paix et de la bonne volonté est une flèche d’or. Continuez de la transmettre pour que tout le monde connaisse LA FRATERNITÉ ". Tous les scouts, y compris les catholiques, ont reçu leur flèche d’or des mains de BP et ils ne savaient évidemment pas quelle était la signification occulte de ce symbole. Quelques années plus tard, la Confrérie de la Flèche d’Or fut créée à Paris par Maria de Naglowska, une aristocrate russe émigrée, qui était disciple d’un mage Pascal Beverly Randolph, fondateur de la Fraternité de la Rose Croix où l’on pratiquait la magie sexuelle. Naglowska synthétisa la doctrine de son maître dans l’ouvrage Magia Sexualis. Voici le résumé de sa pensée : " Le Saint Esprit se manifeste à travers le sexe féminin. Le judaïsme était la religion du Père, ayant pour symbole la verge de Moïse ; le christianisme la religion du Fils, ayant pour symbole la croix ; on ne pourrait les dépasser et les concilier que par la religion de la Mère, ayant pour symbole la flèche. Le Troisième Terme de la Trinité assurait la réalisation de ce qui, dans les deux religions précédentes, restait inexploité : la structure matriarcale de la société, le rôle sacerdotal de la femme et le pouvoir magique de l’acte sexuel. ". Afin de propager les idées de la Confrérie de la Flèche d’Or, elle la dota d’une revue, La Flèche, et publia trois ouvrages : La Lumière du Sexe, Le Rite Sacré de l’Amour Magique et Le Mystère de la Pendaison. Maria de Naglowska fréquenta le théosophe et psychanalyste Jung, grand ami d’Annie Besant, et compta parmi ses amis, et peut-être même disciples, Julius Evola, un occultiste passionné de sexualité qui a écrit le livre La Métaphysique du Sexe, rejoignant les idées de Naglowska. Le scout et le théosophe restent purs dans leurs pensées, leurs paroles et leurs actes !… Cette pureté de façade est détournée malgré elle par des symboles qui n’ont de purs que le nom.
Sixième article : Le scout voit Dieu dans la nature ; il aime les plantes et les animaux.
Nos catholiques trouvent cet article charmant et d’inspiration franciscaine. Il est d’origine théosophique. Les théosophes font aimer les plantes et les animaux, parce que leur panthéisme le réclame ainsi que leur loi de réincarnation. Une fleur ou un arbre est un être divin, on doit donc l’aimer et le respecter. Tout est dieu, ou plutôt tout est divin, sacré. " Nous pouvons aider le monde végétal en nous occupant de jardinage, en renouvelant l’eau des fleurs coupées " disent les statuts de la Table Ronde. Nourrir les oiseaux pendant l’hiver est aussi très recommandé. Cette sensiblerie ridicule envers la nature est typiquement théosophe, c’est d’ailleurs elle qui a inspiré la création de la S.P.A.
Dixième article : Le scout est pur dans ses pensées, ses paroles et ses actes
La pureté, elle aussi, revient à chaque instant dans les élucubrations théosophiques. Citons d’abord les statuts de La Table Ronde : " Suivre le Roy (comprenez le Seigneur Maitreya, leur messie), cela demande une vie sans tache. Pour cela il faut donner une attention scrupuleuse à la propreté physique ; le compagnon se souviendra que le corps est le temple de l’esprit de Dieu. " De même les Éclaireurs Bleus, théosophes, prêchent aussi la pureté : " L’Éclaireur Bleu doit être pur. Le cœur de l’homme est un vase profond, a dit le poète. Le corps doit être non seulement respecté comme le temple de l’esprit, mais soigné comme un bon instrument. Aussi la plus extrême propreté est-elle de règle. C’est le premier facteur de la santé. " Qui n’aura pas remarqué que la pureté théosophique n’a qu’un lointain rapport avec la pureté catholique ? Il s’agit surtout de la propreté corporelle, car le corps est l’instrument de l’âme qui est divine. C’est ce qu’il faut entendre par temple de l’esprit de Dieu. Les enfants qui désirent s’engager dans La Chaîne d’Or doivent promettre de réciter chaque jour la formule suivante : " Je suis un chaînon d’or de la chaîne d’amour qui enserre le monde : il faut que je reste fort et brillant. Je veux tâcher d’être bon et doux pour toute créature vivante, de protéger, d’aider tous ceux qui sont plus faibles que moi. Et j’essayerai de n’avoir que des pensées pures et belles et de ne prononcer que des paroles pures et belles, etc. " Annie Besant aussi exaltait la pureté, mais elle indiquait que cette vertu était le propre de la race des Perses. " Chaque race a ses qualités propres. En Perse, c’est la pureté des éléments, des pensées, des actions ; les derniers représentants de cette race, les Parsis qui vivent encore de nos jours, ont pour leitmotiv les pensées pures, les mots purs, les actions pures ". Il semble que les théosophes tiennent d’autant plus au mot, qu’ils ont la sensation qu’il est plus vide de son contenu. Dans son livre Le Sentier du Disciple, Annie Besant explique : " Aucune pensée impure ne doit jamais l’effleurer (l’homme), aucune action impure ne doit jamais le souiller ; il doit rester pur au triple point de vue des pensées des paroles et des actions. C’est là le triple devoir que je vous ai rappelé un jour et dont la triple corde que porte le brahmane est l’emblème. L’homme dès le matin doit songer à la pureté comme une chose désirable qu’il faut atteindre, puis garder le souvenir de cette méditation du matin, lorsqu’il se livre à ses occupations… "
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| .gif) | | Abbé Grossin Sénéchal

   Age : 41 Inscrit le : 07 Mar 2007 Messages : 73 Votre commune et votre pays : Par grâce et aussi par vouloir, je dors en Bretagne ce soir. Votre profession : Prêtre catholique
| Sujet: Re: Le scoutisme Ven 30 Mar - 19:21 | |
| La morale théosophique présentée par Annie Besant
Pour avoir une juste idée de la morale théosophique, permettez-moi de vous présenter le plan du livre d’Annie Besant, Précis universel de religion et de morale : Les vertus de l’homme envers lui-même sont présentées dans la première partie. Elles sont dans l’ordre :
- la sincérité qui provoque la confiance et le respect mutuel ;
- la maîtrise de soi qui mène à l’équilibre, à la dignité, à la pureté du mental, de la parole et du corps ;
- la gaieté et le contentement qui impliquent la croyance à la Bonne Loi ;
- l’énergie et l’endurance pour un caractère fort qui produit l’intrépidité et le courage ;
- l’innocence qui consiste à être l’ami de tous les êtres.
Dans la deuxième partie, A. Besant présente les vertus envers les supérieurs :
- le respect de Dieu qui engendre la sérénité et la tolérance ;
- le respect du souverain qui engendre la loyauté et la fidélité, le dévouement et le patriotisme ;
- le respect des parents ;
- le respect envers les maîtres ;
- le respect des vieillards.
En troisième partie, ce sont les vertus envers les égaux qui sont énumérées :
- la bonté et l’amour fraternel ;
- la courtoisie et la considération ;
- l’hospitalité ;
- l’honneur.
En dernière partie, les vertus envers les inférieurs sont :
- la bienveillance dont la manifestation est la compassion et la pitié ;
- la protection qui suscite l’héroïsme ;
- la libéralité et la charité ;
- la courtoisie ;
- la tendresse à l’égard des enfants.
Qui ne reconnaîtrait dans cet ouvrage toute la morale du scoutisme ?
Après ce rapide aperçu des origines théosophiques de la loi scoute, il faut déplorer la naïveté et l’imprudence des catholiques qui ont accepté ce cadeau empoisonné par la théosophie. Évidemment, ils s’efforcent de restituer aux termes équivoques leur sens catholique, mais ils n’empêcheront pas les théosophes d’utiliser les mêmes mots d’ordre, les mêmes devises. L’Église n’avait nul besoin de la théosophie pour éduquer ses enfants. Elle a deux mille ans d’expérience et de savoir-faire. Elle sait comment on forme des petits chrétiens, et elle le faisait très bien dans les Patronages. Cette faute initiale d’aller recevoir sa doctrine éducative de la théosophie sera fatale au scoutisme catholique et rendra désuets les commentaires aux allures orthodoxes que l’on cherche à donner à cette loi naturaliste d’origine panthéiste. Cette attitude typiquement libérale est un péché qui appela sur les générations suivantes les châtiments de Dieu par le Concile Vatican d’eux, triomphe des idées théosophiques dans l’Église.
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| .gif) | | Vieux chouan Sénéchal

 Inscrit le : 04 Mar 2007 Messages : 98 Votre commune et votre pays : Province de Bourgogne Votre profession : Retraité
| Sujet: Re: Le scoutisme Ven 30 Mar - 21:57 | |
| | Je découvre cette similitude entre l'inspiration du scoutisme et celle de la théosophie, mais je pose la question. D'après vous, même les scouts de Riaumont (dont je n'ai découvert l'existence que très récemment) pourraient être contaminés par l'inspiration théosophe? |
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