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France_en_velours Sénéchal

 Inscrit le : 24 Fév 2007 Messages : 75 Votre commune et votre pays : Provence. Votre profession : Fonction publique d'Etat. Vos loisirs : Histoire, architecture, animaux, nature, vêtements masculins anciens. Aime compagnie retraités.
| Sujet: Re: Le scoutisme Sam 31 Mar 2007 - 12:21 | |
| | Vieux chouan a écrit: | | Je découvre cette similitude entre l'inspiration du scoutisme et celle de la théosophie, mais je pose la question. D'après vous, même les scouts de Riaumont (dont je n'ai découvert l'existence que très récemment) pourraient être contaminés par l'inspiration théosophe? |
A Riaumont il se pratique un scoutisme d'une très grande hauteur morale. Ne craignez point une quelconque "contamination" par l'esprit théosophique. http://www.riaumont.net/ S'il plaît à Dieu, toujours. France en Velours. |
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   Age : 41 Inscrit le : 07 Mar 2007 Messages : 73 Votre commune et votre pays : Par grâce et aussi par vouloir, je dors en Bretagne ce soir. Votre profession : Prêtre catholique
| Sujet: Re: Le scoutisme Sam 31 Mar 2007 - 15:09 | |
| | Vieux chouan a écrit: | | Je découvre cette similitude entre l'inspiration du scoutisme et celle de la théosophie, mais je pose la question. D'après vous, même les scouts de Riaumont (dont je n'ai découvert l'existence que très récemment) pourraient être contaminés par l'inspiration théosophe? |
Je répondrai àvotre question à la fin de mon exposé. Il faut d'abord que vous suiviez tous les méandres du scoutisme à travers les Scouts de France catholiques qui ont précédés le Père Revet... _________________ C'EST L'ERREUR PLUS QUE LE VICE QUI NOUS A PERDUS. Le vice et même le crime ont des limites, l'erreur n'en a pas. IL FAUT DONC DIRE LA VÉRITÉ SANS FINESSE NI STRATEGIE. |
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   Age : 41 Inscrit le : 07 Mar 2007 Messages : 73 Votre commune et votre pays : Par grâce et aussi par vouloir, je dors en Bretagne ce soir. Votre profession : Prêtre catholique
| Sujet: Re: Le scoutisme Sam 31 Mar 2007 - 16:12 | |
| Le scoutisme et sa pédagogie théosophique
a) Les principes théosophiques d’éducation La théosophie s’occupe énormément de l’éducation. Son but est clairement de préparer les généra-tions futures à accueillir le Seigneur Maitreya avec enthousiasme. Au Congrès mondial de Théosophie, tenu à Paris en 1921, toute une journée a été consacrée au « Problème de l’éducation de l’Ère Nouvelle ». C’est à ce congrès que Jean Loiseau (théosophe et chef d’une association scoute) annonça que le congrès interna-tional du scoutisme, qui devait se tenir à Paris l’année suivante, aurait pour but d’étudier entre chefs et délé-gués du scoutisme universel, y compris les catholiques évidemment, les grands problèmes de l’éducation moderne. Le principe fondamental de la pédagogie théosophe, c’est que l’homme est foncièrement bon. Toute l’éducation doit donc tendre à exprimer les qualités de l’enfant. Toute connaissance imposée du dehors ap-partient à l’instruction qui est une partie minime de l’éducation. La théosophe Béatrice Ensor explique donc : « Le but fondamental de la Fraternité théosophique pour l’Éducation est, par conséquent, d’inculquer le respect de l’individualité de l’enfant ainsi qu’une parfaite connaissance de sa nature, et d’étudier les meilleurs moyens de lui fournir l’atmosphère et le milieu nécessaires pour éveiller les facultés latentes en lui. Chaque enfant devrait avoir l’occasion de s’exprimer au lieu d’être comprimé et limité par son entourage et par la soi-disant éducation qui n’a été dans le passé qu’un pur gavage, qui a même détruit toute initiative chez l’enfant, tué toute aspiration et a produit une humanité qui ne sait ni penser ni agir lar-gement et de façon indépendante. C’est un droit pour chaque enfant d’être heureux, d’être libre, d’être aidé dans le développement de ses facultés innées, de s’exprimer dans ses propres actions de la façon qui lui est propre et particulière. » La méthode d’éducation de la théosophe Maria Montessori, prônée par Annie Besant, désigne les moyens et les méthodes à suivre pour développer le plus rapidement possible chez l’enfant le pouvoir du « self-control », celui de régler harmonieusement ses diverses activités ; elle lui donnerait, selon elle, la plus grande somme de satisfactions et permettrait son épanouissement le plus complet. La coéducation des sexes est la plus moderne des expériences tentées en matière d’éducation et les théosophes en sont les pionniers.
Les principes de la théosophie en éducation sont donc clairs : auto-éducation et coéducation des sexes, autoréalisation et self-control, individualisme, liberté, expression de ses facultés latentes, prise de conscience de la bonté et de la divinité de l’homme.
b) Théosophie et pédagogie scoute Annie Besant déclare, triomphante, au même Congrès Mondial de la Théosophie, dans son discours sur l’idéal théosophique : « Je ne saurais trop vous recommander ce mouvement de groupements d’Éclaireurs : c’est l’embryon d’une vraie fraternité internationale. En eux, il faut voir le commencement de la vraie société des nations. » Il ne faut donc pas s’étonner que les scouts, même catholiques, soutiennent et militent dans le cadre de l’ONU : soit comme fonctionnaires, soit comme militaires. Le cas de Mgr Rupp, ancien chef scout et délé-gué du Vatican à l’ONU, est emblématique. Citons maintenant le fondateur, Baden Powell : « Notre rituel romanesque, les emblèmes des patrouilles, les cris d’animaux, cela peut paraître de la fer-blanterie aux gens rassis et ultracivilisés que nous sommes. Mais aux garçons tout cela dit quelque chose ; et qui plus est, tout cela a une valeur éducative entre les mains de ceux qui savent s’en servir. Ce sont des concepts primitifs, sans doute, mais naturels, qui ne valent pas seulement pour de petits Anglais, mais qui sous une forme ou sous une autre, ont parmi les garçons de toute race et de toute tribu une circulation uni-verselle. Retournons à la nature, voilà ce qu’ils nous enseignent, et à notre époque surtout qui se matérialise de plus en plus, nous ne saurions mieux faire que de répondre à cet appel. C’est par l’amour de la nature, inhérent déjà en quelque mesure à toute espèce de garçon, que nous arriverons à leur communiquer le don d’observer et de comprendre le sens du beau, une pensée plus haute et des intérêts plus larges, une vue saine des lois de la vie et du sexe, une réalisation directe du Dieu créateur... » . « Le secret pour réussir en éducation, ce n’est pas tant d’enseigner que de mettre l’élève en situa-tion d’apprendre par lui-même. » (ibid. p. 300). « Le principe directeur de notre effort consiste à étudier les idées de l’enfant pour l’encourager à prendre lui-même en mains son éducation plutôt qu’à attendre des autres son instruction. Ce principe est en accord avec ceux des éducateurs les plus modernes. Nous donnons à l’éducation du Jardin d’enfants et de la méthode Montessori une continuation digne d’elle…. » (ibid. p. 8). « Le vieux Platon a depuis longtemps montré le bon chemin en éducation, et nous ne commençons qu’aujourd’hui à le suivre, en disant que chaque enfant a le bien inné en lui et qu’il s’agit de développer ses instincts naturels de vertu par des exercices appropriés. » . Le Père Sevin se fait une gloire, comme beaucoup de Scouts Catholiques de France ou les Scouts de Riaumont, de rester fidèle à la méthode authentique du scoutisme telle que l’a voulu et pensé le fondateur. « Tout d’abord, les Scouts de France prétendent bien être des scouts et pour cela, suivre les méthodes par-ticulières de formation et d’entraînement qui caractérisent le scoutisme authentique, tel que l’a conçu le fondateur. À cette fin, ils avouent serrer d’assez près l’organisation primitive : en tous les pays du monde elle a fait ses preuves et les scouts de quarante nations n’ont pas éprouvé le besoin de modifier le système des patrouilles. » . Or, le scoutisme authentique est d’origine théosophique et est noyauté par les théosophes adeptes du Nouvel Âge. Que si les dirigeants et les aumôniers du scoutisme catholique ne veulent pas voir l’influence de la théosophie sur le scoutisme, c’est très regrettable pour les pauvres enfants dont ils s’occupent et qu’ils déforment pour la vie. Cela manifeste leur aveuglement et leur naïveté quant aux méthodes des ennemis de l’Église qui agissent toujours de la même façon : entrisme et action anonyme par influence soigneusement dissimulée. Annie Besant expliquait cette méthode en ces termes au Congrès Mondial de Théosophie : « Au cours du congrès, il a été question de théosophier les mouvements dans lesquels nous pouvons entrer, afin d’aider les autres à l’œuvre commune : cela ne veut pas dire que, dans ces mouvements, on doive né-cessairement parler de réincarnation, de karma, de doctrine théosophique ; en agissant ainsi, vous ne se-riez probablement pas bien reçus par ceux qui ne connaissent pas nos doctrines ; cela veut simplement dire que vous devez agir suivant les principes théosophiques en proposant dans ces mouvements des directives qui s’accordent avec ces principes : par là vous pourrez accélérer le progrès de l’humanité ; en vous ap-puyant ainsi sur une base sûre et stable, les propositions que vous ferez seront vraisemblablement couron-nées de succès. » Annie Besant a déclaré, toujours dans le même Congrès, que l’éducation, pour les théosophes, était un jeu ; l’important, c’est que l’instructeur joue avec les élèves. Baden Powell professe à son tour que le scoutisme est un grand jeu. Il a su, à l’occasion, jouer avec ses scouts. Le Père Sevin dans son livre Le Scoutisme emboîte le pas du fondateur : « Le scoutisme a été conçu par son fondateur comme un grand jeu, un jeu immense et d’une variété infinie, mais un jeu supérieurement organisé, un jeu où l’on apprend à devenir des hommes et des citoyens fran-çais. Et à ce jeu, le plus passionnant qui soit au monde pour un apôtre, nous convions tous les hommes de bonne volonté. » _________________ C'EST L'ERREUR PLUS QUE LE VICE QUI NOUS A PERDUS. Le vice et même le crime ont des limites, l'erreur n'en a pas. IL FAUT DONC DIRE LA VÉRITÉ SANS FINESSE NI STRATEGIE. |
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| Sujet: Re: Le scoutisme Sam 31 Mar 2007 - 16:15 | |
| Les réalisations du scoutisme catholique : les louveteaux et les scouts
Le scoutisme est divisé en trois sections : les louveteaux pour les enfants de sept à onze ans, les scouts pour les adolescents, les routiers pour les jeunes gens de dix-huit ans et plus. Nous n’étudierons que les deux premiers échelons, la Route ne différant en rien des deux premiers sur le plan des principes.
a) Les Louveteaux
Le Livre des Louveteaux est le manuel complet écrit par Baden Powell qui sert de référence à toutes les cheftaines qui s’occupent de ces enfants. L’enfant doit imiter l’animal du même nom et tous les enfants du même groupe constituent une meute. Notez aussi que les enfants des francs-maçons s’appellent aussi des louveteaux et sont inscrits automatiquement dans la Loge de leurs parents à leur naissance.
Le rocher du grand conseil Quand ils se réunissent pour une assemblée quelconque, les louveteaux forment le rocher du grand conseil. Ce rocher est entouré d’un premier cercle fait de petites pierres ou tracé à la craie. La cheftaine de la meute s’y place. Dans un second cercle plus grand qui entoure le premier, se placent les louveteaux.
Le grand hurlement Quand une cheftaine se présente, voici comment les louveteaux le saluent : ils s’accroupissent sur leurs talons avec les deux pattes de devant sur le sol entre les deux pieds, les genoux écartés, dit le manuel de BP. Puis le menton en l’air tous hurlent : A-ké-la, de notre mieux ! En même temps, tous sautent sur leurs pieds et font le salut des louveteaux avec les deux mains des deux côtés de la tête, deux doigts de chaque main dressés vers le ciel, comme les deux oreilles d’un loup. Puis, ils gardent les deux mains en l’air pendant que le louveteau de tête appelle la meute en criant de toutes ses forces : Votre mieux, votre mieux ! Votre mieux, votre mieux ! Après le quatrième « mieux » tous les louveteaux ramènent rapidement leur main gauche et la laissent retomber, tout en saluant encore de la droite dont deux doigts restent levés. Et ils hurlent : Ouiiiiii ! et aboient : mieux, mieux, mieux, mieux ! Cette comédie ridicule et primitive tend à rabaisser les enfants au rang des animaux. Voilà les simagrées auxquelles des prêtres réduisent des fils de Dieu et de l’Église ! Ne parlons pas des danses qui sont reprises des traditions tribales africaines : la danse de Tabaqui (le chacal) autour de Shere Khan (le tigre) ; la danse de Kaa le python, de Baloo (l’ours) ou de Bagheera (la panthère). Voilà bien de quoi abrutir et animaliser les enfants qui aiment tant s’identifier à des modèles qu’ils imitent.
b) Les Scouts
Le premier élément autour duquel se construit la troupe des scouts est le chef de troupe ou scoutmestre. C’est lui la première autorité de la troupe responsable de l’éducation scoute. Il est aidé par des assistants et un aumônier. Le Père Sevin lui-même ne voulait pas que le scoutmestre soit un prêtre ! C’est inverser complètement les rôles et tomber dans le travers du laïcisme. D’ailleurs les aumôniers finiront par ne plus avoir leur mot à dire dans les années soixante et le Père Sevin, qui n’appliquait pas à lui-même le principe qu’il appliquait à ses confrères puisqu’il dirigeait ses scouts, prit la fonction de Commissaire Général des Scouts de France. Il fonda et dirigea longtemps le Camp de formation des chefs à Chamarande. Cela donne vraiment l’impression que les Scouts de France étaient la « chose » du Père Sevin. Il devait être le seul prêtre à commander les Scouts et les Chefs. Les autres prêtres n’étaient là que pour aider les chefs de troupe ou les Commissaires : ils ne donnaient leur avis que si on les consultait. Mais, tel l’arroseur arrosé, le Père Sevin fut soumis au même régime de la part de ses collaborateurs et du Général de Salins en particulier. Il fut contraint de démissionner pour être relégué au rang consultatif d’aumônier. Il garda encore quelque temps le Camp de Chamarande, mais après lui, les aumôniers seront définitivement écartés des postes de commandement. Ce fut le triomphe du système libéral. Le système des badges (brevets de capacité) révèle aussi le libéralisme de l’éducation scoute. Dans la liste proposée aux enfants, vous trouvez pêle-mêle et indifféremment : l’acolyte, l’acteur, l’affûteur, l’apologiste, le géomètre, l’astronome, le catéchiste, le chanteur, le boute-en-train, etc… La liberté et l’initiative sont poussées très loin. Ce qui fait que l’enfant plus porté sur la religion passera les badges religieux, mais celui qui n’y est pas porté choisira plutôt les badges techniques. C’est « chacun selon son cœur ! », entendu que le cœur de chacun est toujours bon….Quelle illusion et quel manque de fermeté qui donneront dans le scout une mentalité libérale, indépendante vis-à-vis de la Vérité. C’est lui qui sait ce qu’il doit choisir ! Le système des patrouilles est la méthode de gouvernement des enfants par les enfants. La patrouille comporte huit membres dont l’un est le chef, à peine plus âgé que les autres (quinze ans environ). Ce ne serait pas un inconvénient si, comme dans les écoles ou les patronages, les patrouilles restaient sous la surveillance des chefs de troupe et de leurs assistants. Mais ce qui était révolutionnaire, à l’époque où le scoutisme apparut en France, c’était de laisser tant de liberté à ces patrouilles qui partaient un week-end entier dans la campagne sous la seule responsabilité d’un enfant de quinze ans ! Cela a donné lieu, d’ailleurs, à des abus en tous genres et à des accidents mortels. Les scouts marins embarqués sur un petit voilier au large des côtes de Perros-Guirec, en Bretagne, en 1999, ont été victimes de la folie d’un gamin de cet âge qui leur servait de chef d’équipage et qui voulait leur montrer qu’un scout n’a jamais peur de rien… Chaque patrouille est désignée par le nom d’un animal dont les scouts doivent savoir imiter le cri. C’est ainsi qu’ils se reconnaissent entre eux, la nuit, quand ils se cachent. Un corbeau doit savoir reproduire le cri du corbeau, un chacal doit savoir imiter le cri du chacal, etc... Bien sûr, chaque scout de la patrouille doit s’attacher à imiter les qualités de l’animal totem qui orne le fanion de la patrouille. Encore une fois, il s’agit d’ancrer dans le cerveau malléable des enfants les mœurs des animaux. Une autre conséquence du camp scout sous la tente pendant plusieurs semaines dans ce système d’auto-éducation, c’est l’esprit d’indépendance et d’aventure qu’il crée chez les enfants vis-à-vis des adultes en général et de leurs parents spécialement. La vie à la maison devient vite terne et ennuyeuse par rapport aux joies sauvages des camps. L’article de la loi qui stipule que le devoir du scout commence à la maison ne change rien à la logique des choses.
Enfin, il faut parler de la totémisation des scouts qui a fait couler beaucoup d’encre, à juste titre. Rappelons la définition du totem : Chez les tribus primitives, le totem est une sorte d’agent protecteur, animal ou végétal donnant son nom à la tribu. Pour un scout, le fait de donner un totem à un plus jeune apparente celui qui le reçoit et rappelle le maître mot de la Jungle (R. Kipling) : Nous sommes du même sang toi et moi. Cela signifie qu’il est reconnu, apprécié et considéré comme faisant vraiment partie de la patrouille. Son totem devient le surnom fraternel trouvé par les anciens et devient le symbole de ce qu’il représente aux yeux des autres scouts. Tous les scouts l’appelleront désormais : loup bavard, ours sympathique, renard agile, etc… Ce surnom animal remplacera durant la vie du camp le prénom de baptême, qui passe au second plan dans le cadre du scoutisme. Et cela est très grave car l’esprit de foi est émoussé un peu plus par cette pratique.
Ce surnom stupide est donné au cours d’une cérémonie nocturne devant un feu appelée totémisation. Celle-ci s’inspire de la cérémonie initiatique du jeune Peau-Rouge qui accède à l’âge adulte et doit subir une sévère mise à l’épreuve afin d’être intégré dans la tribu. La totémisation est donc un rite païen tribal. Le jeune scout est attaché à un « poteau de tortures » où il doit subir des épreuves diverses et variées d’un goût très douteux quand il ne s’agit pas de sévices caractérisés. Le but avoué est de faire preuve d’endurance et de sang-froid devant les anciens. Les qualités dont aura fait montre le scout pendant sa totémisation serviront à définir son animal totem. Aujourd’hui, la plupart des mouvements scouts ont interdit les totémisations, sauf les Scouts Catholiques de France, proches de la Fraternité Saint Pie X, au nom du respect des traditions scoutes ! Ainsi les scouts ont reçu pour la plupart un totem, y compris des prêtres aumôniers scouts ! C’est le comble de l’ignominie pour qui a encore un peu le sens du sacerdoce de Melchisédech !
Le Père Sevin se faisait appeler Renard Noir ; le chanoine Cornette Le Vieux Loup ; l’abbé d’Andréïs Serpent noir au cœur de lion (en voilà un qui pouvait être fier de son totem sacerdotal !) ; le Père Michel de Chivré o.p. Gazelle tranquille ; l’abbé Pierre Castor méditatif ; le Général de Salins Faucon d’Armor ; l’abbé de Grangeneuve Pélican Noir ; Paul Coze Panthère à l’affût ; Jacques Chirac Bison égocentrique ; Olivier de Kersauson Albatros irascible ; Jacques Martin Grenouille optimiste ; Simone Veil (l’avorteuse) Lièvre agité ; Michel Rocard Hamster érudit ; Lionel Jospin Langue agile. _________________ C'EST L'ERREUR PLUS QUE LE VICE QUI NOUS A PERDUS. Le vice et même le crime ont des limites, l'erreur n'en a pas. IL FAUT DONC DIRE LA VÉRITÉ SANS FINESSE NI STRATEGIE. |
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   Age : 41 Inscrit le : 07 Mar 2007 Messages : 73 Votre commune et votre pays : Par grâce et aussi par vouloir, je dors en Bretagne ce soir. Votre profession : Prêtre catholique
| Sujet: Re: Le scoutisme Lun 2 Avr 2007 - 17:42 | |
| Le scoutisme catholique déforme notre sainte religion
Nous avons montré jusqu’ici combien la théosophie avait influencé le scoutisme même catholique, au moins en lui faisant accepter des mots communs suffisamment vagues pour créer une mentalité commune qui ne demande qu’à se développer lors des Jamborees ou rassemblement mondiaux des scouts de toutes les religions. En ce qui concerne les Scouts de France, le Père Sevin se plaît à récupérer tous ces mots vagues pour prétendre non seulement que le scoutisme et la religion catholique ne font qu’un, mais que Jésus fut le premier chef de troupe, les Apôtres formèrent la première patrouille et vécurent comme des scouts pendant les trois années de ministère du Chef Jésus. Que ce soit dans ses méditations (L’Évangile du Boy Scout) ou dans les chants qu’il a composés, le Père Sevin ne peut s’empêcher d’adapter les plus beaux mystères de notre Foi aux niaiseries du scoutisme. Pour ne pas aligner trop de citations, j’en choisis deux significatives. La première est le prologue de la brochure du Père Sevin Pour devenir Scout de France : " Le Seigneur : - Mon fils tu es scout. Sais-tu ce que c’est qu’un scout ?
- Un Éclaireur, Seigneur.
- Et un Éclaireur c’est un guide. Connais-tu l’histoire de cet aveugle qui voulait conduire un autre aveugle : tous deux tombèrent dans le fossé et se perdirent.
- Seigneur, si Vous daignez me conduire, ce malheur ne m’arrivera pas.
- Tu as raison de m’invoquer : Je suis le premier Guide. Je suis le premier Éclaireur. Je suis non seulement le Guide mais le chemin, non seulement l’Éclaireur mais la lumière et celui qui me suit ne marche pas dans les ténèbres. Suis-Moi et tu verras clair. Suis-Moi et ta lanterne éclairera tes frères scouts. Suis-Moi et je ferai de toi un scout, c’est-à-dire un éclaireur d’hommes, comme ont été les garçons de Galilée qui s’appelaient Jacques et Jean, Pierre, André, Philippe, et les autres, qui furent ma première patrouille. "
C’est insupportable, avouez-le ! L’épilogue de la même brochure est du même acabit : " Te voilà scout. Tout ce que tu as, tu l’as reçu de Moi. Tout ce que tu es, tu l’es par Moi. J’ai choisi ton âme entre toutes les âmes possibles et qui existeront jamais ; Je l’ai créée et lui ai donné un corps. Je t’ai choisi entre tous les hommes pour te faire chrétien. Et entre tous les chrétiens pour te faire français. Et entre tous les français pour te faire scout de France. Cela t’étonne ? Et pourtant…Pense aux millions d’infidèles qui ne seront jamais chrétiens. Et qui mourront sans avoir le bonheur d’être les Fils du Royaume Très Chrétien. Pense à tous les petits garçons de France qui n’ont pas la chance d’être scouts, la grâce d’être scout. Tu crois que tu es scout parce que tu as voulu le devenir ? En vérité je te le dis, c’est Moi qui t’ai élu en secret et qui préparais toutes choses pour que tu le devinsses. Car c’est une élection puisque mes scouts sont une élite. Je t’ai choisi, toi et tes frères, afin que vous alliez, que vous ayez une vie féconde et fructueuse, et qu’il y ait quelque chose de changé parce que vous avez passé sur la terre. Quelque chose de changé en mieux parce qu’il y a un scout à l’école ou à l’atelier. Quelque chose de changé en mieux parce qu’il y a un scout à la maison, et dans la paroisse, et dans la cité, et dans ta Patrie et dans mon Église. Si mes scouts sont ce qu’ils doivent être, il doit y avoir quelque chose de changé en mieux : Plus de concorde entre citoyens, et plus de ferveur dans la paroisse, et plus de prospérité dans la Patrie, et dans mon Église plus de sainteté ! Amen ! "
Un scoutisme catholique est-il possible ?
Concluons avec le Père Geoffroid que le scoutisme catholique doit être réprouvé. Et pourquoi ? Parce que le scoutisme est foncièrement théosophique, donc mauvais. Résumons ce qu’est la théosophie d’après tout ce que nous venons de voir : C’est une religion qui a pour fondement le bouddhisme, le panthéisme émanatiste, la réincarnation pour la purification du karma afin de finir le cycle de l’évolution dans la fusion avec le Grand Tout. Sur cette base est édifiée une morale dont voici les principaux éléments : Du fait que tout est divin et indifférencié, l’individualité constitue un obstacle pour fusionner avec le Tout. Le théosophe doit donc travailler à se fondre dans la communauté : d’où l’altruisme, la fraternité, la solidarité, la tolérance, le respect, la loyauté, l’honneur, le service de l’humanité ou les services humanitaires, le Service tout court.
La perfection individuelle que poursuit le théosophe consiste à prendre conscience de sa propre divinité et des pouvoirs qui sommeillent en chacun de nous. Il faut être prêt à évoluer vers des " états de conscience " supérieurs pour entrer dans le Nouvel Âge du Verseau. Seul l’individu peut travailler sur lui-même. Les influences extérieures ne lui apportent rien de valable : le théosophe se construit tout seul, c’est un self-made man !
Maintenant qu’est-ce que le scoutisme ? Une application de la théosophie aux enfants et aux jeunes gens en attendant la " scoutisation " du monde entier. C’est bien la consigne répétée par Baden Powell dans ses discours de clôture des Jamborees : " À partir de maintenant, le symbole de la paix et de la bonne volonté est une flèche d’or. Continuez de la transmettre pour que tout le monde connaisse LA FRATERNITE. " Birkenhead, 1929. " Frères scouts, le choix que je vous demande est immense. Entre les peuples du monde, il existe autant de différences de pensées et de sentiments qu’il y en a de langages et de races. La guerre nous a appris que si une nation cherche à imposer sa volonté sur les autres, il s’ensuit de dures conséquences. Mais le jamboree nous a appris que si nous vivons dans une entraide mutuelle, alors c’est la sympathie entre tous et l’harmonie dans le monde. Frères scouts, répondez-moi, voulez-vous vous unir dans cet effort ? " Olympia, 1920.
" Mon message vous dit de répandre l’amitié et la fraternité dans le monde. Au revoir et que Dieu vous bénisse tous ! " Vogelenzang, en août 1937.
Le scoutisme est donc mauvais. Il souffre :
- d’un vice d’origine et de parenté
en tant que patronné par le Bureau International du Scoutisme, dirigé par les théosophes depuis sa fondation, préconisé par les théosophes et prôné par eux dans leurs Congrès comme moyen de formation théosophique ;
- d’un vice de finalité
Il tend à former les jeunes au point de vue naturel, pour une fin naturelle. La religion catholique et ses aumôniers passent au second plan et sont comme accessoires à la méthode elle-même.
- d’un vice doctrinal
Conséquemment à son origine et à sa fin, le scoutisme professe une doctrine naturaliste qui n’exalte que trop la vertu naturelle comme fruit de l’effort humain. Il met trop l’accent sur le perfectionnement naturel de l’homme, laissant la perfection surnaturelle dans le domaine privé des consciences. Bien sûr, certains aumôniers et certains chefs vont corriger cela , mais ils ne changeront pas la nature du scoutisme pour autant. Le scoutisme ne tient aucun compte, dans sa forme non catholique, du péché originel et de ses conséquences. Les catholiques, tout en corrigeant ce défaut en théorie par les cours de catéchisme et un bon aumônier, n’en laissent pas moins les enfants livrés à eux-mêmes en pleine nature, sans surveillance, à de trop nombreuses occasions.
On nous objectera que les formules vagues que d’autres interprètent dans un sens naturaliste sont surnaturalisées par les aumôniers et les chefs catholiques. Je réponds que la méthode scoute est intrinsèquement perverse et qu’on ne peut impunément l’utiliser sans provoquer de graves dégâts dans l’âme des enfants. Un plaquage souvent mal réussi sinon grotesque des vérités catholiques sur ce fond théosophique ne changera pas la nature du scoutisme, cela ne le changera pas substantiellement. Seuls quelques détails secondaires seront changés et les ajouts catholique demeureront accessoires par rapport à la méthode elle-même exposée par le théosophe Baden Powell et qui reste la référence absolue, même chez les catholiques. La caque sent toujours le hareng même si vous y mettez autre chose dedans. On ne baptise pas le diable, c’est une illusion libérale tenace. Un scoutisme catholique se ressentira toujours de son origine. N’oublions jamais que les mots ont une logique qui s’impose à ceux qui les utilisent. Avec les formules scoutes finiront par passer les doctrines théosophique du Nouvel Âge, c’est Annie Besant qui nous l’explique dans son discours cité plus haut. Et en effet, nous avons vu depuis les anciens scouts devenus évêques, moines, prêtres, cardinaux, faire le concile Vatican d’eux qui n’est autre que la mise en forme des idées théosophiques d’union des religions et de la divinité de l’Homme par l’Incarnation indépendamment du baptême. Quel besoin avait-on de faire pareils emprunts aux ennemis de l’Église et de JC ? N’avions-nous pas des méthodes de patronages excellentes pour former la jeunesse à la piété et au dévouement ? On nous dira peut-être : supprimons du scoutisme catholique ce qui est à supprimer et conservons le reste. De fait, certains aumôniers supprimaient de leur troupe soit la loi, soit le campisme, soit d’autres parties du programme. De quoi le Père Sevin n’était pas content, car il lui fallait un scoutisme authentique. Nous, les antilibéraux, nous disons que TOUT est à supprimer dans le scoutisme catholique, car ce qui est proprement scout est intrinsèquement mauvais. Ainsi :
- il faut supprimer son costume, car il symbolise la fraternité scoute universelle qui est une conséquence de la théosophie. Quand on pense à la signification de cet accoutrement, on est forcément indigné de les voir ainsi habillés dans le chœur de nos églises pendant le Saint Sacrifice.
- il faut supprimer son vocabulaire théosophique, ses mots d’ordre et de ralliement : servir, être prêt, de notre mieux. Tout cela est théosophique et demeurera théosophique.
- il faut supprimer sa loi qui n’a aucun droit de prendre le pas sur le décalogue et les commandements de l’Église. Elle aussi restera toujours théosophique dans son essence.
- il faut supprimer sa promesse qui n’est que la répétition de la promesse que fait tout bon théosophe lorsqu’il s’engage à servir l’humanité.
- il faut supprimer ses cérémonies de totémisation qui donnent droit de faire partie de la fraternité scoute en gardant secret un nom que la dite fraternité octroie à l’instar de l’Église. La totémisation est un rite initiatique païen, parodie du baptême pour les scouts catholiques.
- il faut supprimer sa dépendance de l’OMMS (organisation mondiale du mouvement de scoutisme) à Londres.
- il faut supprimer ses prières et ses méditations stupides qui font des scouts des catholiques spéciaux et séparés.
- il faut supprimer tout ce qui applique les théories d’auto-éducation : le système des patrouilles qui isole les enfants de leurs véritables éducateurs et les livre à l’inexpérience et l’immaturité de jeunes adolescents promus CP.
- il faut supprimer le système des badges qui met sur le même pied la technique et la doctrine.
- il faut supprimer toutes les simagrées de sauvages qui ravalent les enfants au rang des bêtes et excitent en eux les instincts les plus bas : cris et hurlements de bêtes, noms de bêtes donnés aux patrouilles, références au Livre de la Jungle.
Quand on aura supprimé tout cela que restera-t-il du scoutisme ? Rien. Alors ce n’était pas la peine de commencer à se lancer dans une aventure pareille qui nous a amené à Vatican d’eux. Il fallait garder et développer les Patronages fondés par des Congrégations religieuses comme les Frères de Saint Vincent de Paul ou l’Œuvre de la Jeunesse ouvrière du Père Timon-David en prenant des éléments intéressants du scoutisme, tout en se gardant de l’esprit naturaliste et théosophique de la méthode. Cela n’a pas été fait. Comme toujours, les catholiques libéraux se sont précipités dans ce nouvel organisme de jeunesse qui prônait l’éducation nouvelle. _________________ C'EST L'ERREUR PLUS QUE LE VICE QUI NOUS A PERDUS. Le vice et même le crime ont des limites, l'erreur n'en a pas. IL FAUT DONC DIRE LA VÉRITÉ SANS FINESSE NI STRATEGIE. |
| .gif) | | Vieux chouan Sénéchal

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| Sujet: Re: Le scoutisme Lun 2 Avr 2007 - 22:10 | |
| En lisant les textes de l'abbé Grossin , je commence effectivement à me poser des questions.
Il est essentiel qu'il ait mis l'accent sur l'origine théosophique du scoutisme, chose que j'ignorais totalement.
Mais l'Eglise ne pouvait l'ignorer; pourquoi donc s'est - elle tue? |
| .gif) | | Abbé Grossin Sénéchal

   Age : 41 Inscrit le : 07 Mar 2007 Messages : 73 Votre commune et votre pays : Par grâce et aussi par vouloir, je dors en Bretagne ce soir. Votre profession : Prêtre catholique
| Sujet: Re: Le scoutisme Mar 3 Avr 2007 - 13:02 | |
| Le chanoine Cornette
Le chanoine Cornette avait déjà fondé un patronage avec Edouard de Macédo dans sa paroisse de St Honoré d’Eylau à Paris. C’est en juillet 1916 que l’abbé Cornette reçut la visite de deux frères : Paul et Marcel COZE, qui vont le convaincre de former une première troupe de scouts catholiques. Ils ont connu le scoutisme anglo-saxon à Alexandrie et veulent revivre cette aventure à Paris. Ils donneront à l’abbé Cornette le livre de Baden-Powell Scouting for boy, qu’il dévora en une nuit, et l’apporta à son ami l’évêque de Meaux, Mgr Marbeau. L’évêque répondit à son ami : C’est prodigieux ! Il faut rendre cette méthode catholique et française. L’abbé fonda sa première patrouille en octobre 1916, et le chef en fut Paul COZE. Cet homme fut donc à l’origine de la naissance des Scouts de France, et ce n’est pas neutre lorsque l’on connaît la mentalité de cet individu qui deviendra adjoint du Père Sevin au Camp des Chefs de Chamarande et Consul de France à Phœnix , en Arizona, USA. Paul Coze fut très jeune séduit par les Indiens, il se passionnera pour leur civilisation, fera des voyages ethnographiques pour les étudier et se fera totémisé dans la tribu des indiens Cree. Il introduira chez les scouts ce qu’on a appelé l’indianisme, c’est-à-dire cet engouement pour tout ce qui touche aux indiens d’Amérique du Nord. Quand Baden-Powell vint en France en octobre 1918, les Eclaireurs de France organisèrent une grande fête en son honneur, à laquelle ils convièrent l’abbé Cornette et ses scouts. Dans la foule, Baden-Powell remarqua le seul prêtre de l’assistance et le salua par ces mots :Je remercie le ciel, Monsieur l’abbé, que vous soyez venu. Vous représentez l’idée religieuse que j’ai voulu placer à la base de mon œuvre. A la suite de ce premier contact avec les Eclaireurs de France, des relations se nouèrent et l’abbé Cornette constata que nombre d’entre eux étaient catholiques de naissance mais qu’ils ne pratiquaient plus leur religion. Pour remédier à cela, il demanda en 1919 une audience au cardinal Amette, archevêque de Paris, pour lui faire part de ses déductions et de ses préoccupations. Comme consigne, le cardinal Amette lui répondit : Développez vos groupes d’Entraîneurs (les scouts de St Honoré ndr) fortifiez vos positions et attendez…
Le Père Sevin S.J.
C’est à cette époque que l’abbé Cornette rencontra le Père Jacques Sevin SJ. La famille prétendait descendre des Sevin de Quincy, dont l’un des ancêtres fut compagnon de Jeanne d’Arc et un autre général sous Louis XIV. Cela fait bien dans le tableau et permet d’en imposer dans les salons. Même si c’était vrai, cela ne ferait qu’aggraver la responsabilité du Père J. Sevin. L’apostasie des Nations s’est faite par l’apostasie des FAMILLES qui ont fait et défendu ces nations. Les nobles ont joué un rôle de premier plan dans cette trahison de la Foi. Dans les numéros du 20 février et 5 mars 1913, paraissaient dans la revue des jésuites Etudes les articles du Père Caye critiquant vivement le scoutisme ; le Père Sevin sollicita alors la permission de se rendre sur place pour enquêter de façon plus approfondie. Aussitôt débarqué en Angleterre, il rencontra l’archevêque catholique de Westminster, Mgr Bourne, qui s’était rallié tout de suite au scoutisme. Il n’était alors qu’un séminariste étudiant, il ne reçut le sous-diaconat que l’année suivante, en 1914.Le 20 septembre 1913, il rencontra BP à l’Alexandra Palace de Londres et fut conquis par l’homme et sa méthode. Sa décision de fonder des scouts catholiques fut prise à la suite de cette entrevue. Exempté de ses obligations militaires, il passera la guerre en Belgique, où il commença discrètement à former quelques garçons dans l’esprit de BP. Rentré en France en janvier 1919, il fonda à Lille une troupe de scouts à sa façon, qu’il baptisa Association des Scouts de France et qui se développa rapidement. Dès le mois de septembre, il était nommé à Metz comme professeur dans un collège. Il s’arrêta à Paris chez son confrère le Père Desbuqois SJ, qui dirigeait l’Action Populaire. C’est ce jésuite qui conseilla au Père Sevin d’aller rendre visite à son voisin , l’abbé Antoine Cornette. La rencontre entre les deux prêtres fut déterminante et leur compréhension mutuelle parfaite. Le Père Sevin partit toutefois pour prendre son poste à Metz où il fut en but à un Supérieur totalement hostile au scoutisme ! Au bout d’un trimestre, le futur Chef national des boy-scouts tombe malade et le médecin lui interdit l’enseignement et lui prescrivit un séjour de plusieurs mois en Italie. Repassant par Paris, il rencontre de nouveau l’abbé Cornette et met sur pied un embryon de structure fédérative des divers mouvements scouts paroissiaux. Il part serein et rempli d’espérance en Italie. De retour à Paris au mois de juin, son ami le Père Desbuqois et ses relations font pression auprès des Supérieurs pour faire nommer le Père Sevin à l’Action Populaire. Sitôt nommé, le Père Desbuqois met le Père Sevin à la disposition de l’abbé Cornette pour organiser le scoutisme en France. Il le fit nommé Secrétaire Général de la Fédération Catholique des Scouts de France dont il rédigea les statuts et le règlement. La date officielle de fondation est le 25 juillet 1920, et regroupe trois fondateurs officiels : l’abbé Cornette, le Père Sevin et Edouard de Macédo. Aussitôt, le Père Sevin envoya en Angleterre un groupe de garçons pour se joindre aux Eclaireurs de France et aux Eclaireurs Unionistes (protestants) afin de participer au jamborée d’Olympia, qui réunissait 27 nations et 18 000 éclaireurs de toutes religions. Pour sa part, le Père Sevin était parti en avant-garde pour rencontrer personnellement Baden-Powell et faciliter les formalités de reconnaissance de la nouvelle association par le Bureau International du scoutisme qui venait d’être créé. Ce Bureau regroupait dans une grande fédération mondial tous les scoutismes. Tous les scouts français (de toutes les tendances) qui accompagnaient le Père Sevin furent présentés à Baden-Powell. De son côté, le Père Sevin fonda en même temps l’Office International des Scouts Catholiques avec des buts et un règlement propres. Cette organisation reçut l’approbation du pape Benoît XV, le 28 juin 1921 et eut un représentant officiel permanent auprès du Saint-Siège. Le Père Sevin prit rapidement le commandement de la Fédération Catholique des Scouts de France et devint « Commissaire Général ». Il reçut un encouragement officiel du Pape Pie XI, le 30 mars 1922, qui le bénissait pour son œuvre. Fort de cette reconnaissance, il participa officiellement, en juillet de la même année, au Congrès International du Scoutisme tenu à Paris sous la Présidence de Baden-Powell. En août, le Père Sevin organisait le premier camp à Chamarande réunissant 600 Scouts de France. Aussitôt après, il partait lui-même faire le Camp international des Chefs organisé par Baden-Powell en Angleterre. C’est Baden-Powell en personne qui intronisa le Père Sevin Deputy Camp Chief. C’était, pour le Père Sevin, recevoir du fondateur du Scoutisme le pouvoir de former des chefs authentiquement scouts reconnus par le Bureau International du Scoutisme. A la suite de ce camp, le Père Sevin en fit un autre pour suivre un cours de louvetisme (les louveteaux sont des enfants plus jeunes qui se préparent à devenir scouts). C’est Vera Barclay, la fondatrice des louveteaux avec Baden-Powell, qui décernera au Père Sevin le titre de Akela-Leader. Akela étant le titre de chef des louveteaux. Ce titre lui donnait les pouvoir de donner les brevets de louvetisme reconnus eux aussi par le Bureau International du Scoutisme. _________________ C'EST L'ERREUR PLUS QUE LE VICE QUI NOUS A PERDUS. Le vice et même le crime ont des limites, l'erreur n'en a pas. IL FAUT DONC DIRE LA VÉRITÉ SANS FINESSE NI STRATEGIE. |
| .gif) | | Abbé Grossin Sénéchal

   Age : 41 Inscrit le : 07 Mar 2007 Messages : 73 Votre commune et votre pays : Par grâce et aussi par vouloir, je dors en Bretagne ce soir. Votre profession : Prêtre catholique
| Sujet: Re: Le scoutisme Mar 3 Avr 2007 - 13:03 | |
| A la fin de l’année 1923, les ennuis commençaient pour le Père Sevin. Son confrère jésuite, le Père Navatel, lui écrit une lettre datée du 24 décembre 1923 : « Je vous avertis confidentiellement et fraternellement que plusieurs évêques et archevêques préparent une campagne contre le scoutisme catholique. » En mars 1924, à l’Assemblée des Cardinaux et Archevêques de France, les Scouts de France sont dénoncés officiellement. L’abbé Cornette écrit à son ami le 31 mars 1924 : « Nous avons été attaqués avec violence par l’archevêque de Besançon (Mgr Humbrecht) soutenu dans cette attaque par Mgr Chollet (évêque de Cambrai, dont le directeur de la Semaine Religieuse était l’abbé Henri Delassus, l’auteur de La Conjuration Antichrétienne). (…) Nous avons été défendus avec habileté par l’archevêque de Rouen (Mgr de la Villerabel) et avec énergie par l’archevêque d’Aix (Mgr Rivière). Enfin, le cardinal de Paris ( cardinal Dubois) nous a vigoureusement soutenus. L’Assemblée s’est séparée en disant qu’elle ne pouvait condamner ce que le pape avait approuvé. L’archevêque de Besançon a prédit que nous finirions par être condamnés comme le Sillon. » Au mois de mai 1924, le Père Sevin est contraint par le Comité Directeur des Scouts de France de démissionner de son poste de Commissaire Général. Suite à cela, le Père se rend à Rome avec le nouveau Commissaire Général, le général de Salins, avec qui il doit défendre ses chers Scouts de France devant le cardinal Billot. Mais une fois dans le bureau du cardinal, celui-ci les dirige vers le Père Jeoffroid, religieux de Saint Vincent de Paul, auteur d’un réquisitoire implacable contre le scoutisme intitulé Le Scoutisme Catholique et la Théosophie. Le duel entre le jésuite et le religieux de Saint Vincent de Paul dure trois heures. Le Père Jeoffroid raconte : « J’ai reçu nos deux illustres visiteurs avec beaucoup de mesure et de sang-froid (je le crois du moins), je leur ai expliqué mon avis… répondant au fur et à mesure aux remarques du Père Sevin qui cherchait à ergoter mais qui, en somme, n’était pas brillant (…) Le général, de son côté, m’a fait l’effet de quelqu’un qui ignorait totalement de quoi il s’agissait. Et de fait, il était visible qu’il n’était pas fixé sur l’importance de l’argument. Il répétait à satiété, en soulevant légèrement sa canne et en la laissant reposer sur le parquet : « c’est du syriaque, c’est du syriaque ! » Le brave homme est tout excusé. Il était évidemment mieux en forme à la défense de Douaumont. Chaque fois qu’il essayait d’esquisser une explication quelconque, le Père Sevin lui coupait la parole et lui disait « pardon mon général, je suis mieux au courant que vous du point particulier dont il s’agit ». Quant au Père Sevin, je ne puis le taxer d’ignorance. Il connaît fort bien l’affaire. Je ne dis pas qu’il connaisse la théosophie mais en tous cas il n’ignore pas que le scoutisme est envahi par des théosophes. (…) et il a été bien obligé de convenir que les théosophes y sont, plus ou moins, chez eux. Du reste, mes précisions de plus en plus nettes ne lui permettaient pas d’échapper. Ayant prouvé la part que la théosophie avait pris au mouvement il m’a été facile de lui montrer qu’il tombait dans l’erreur de l’interconfessionalisme et dans un interconfessionalisme d’autant plus dangereux puisqu’en étant affilié au scoutisme international et faisant même partie du comité directeur, lui et le cardinal Bourne (archevêque catholique de Westminster, protecteur du Père Sevin, qualifié de « libéral modernisant » par la Sapinière de Saint Pie X), il tolérait que le catholicisme fut mis sur le même pied que le boudhisme, le mahométisme, le protestantisme. Je lui ai reproché aussi ses relations avec les Eclaireurs de France (neutres et théosophes), et les Eclaireurs unionistes protestants. Là-dessus, il a avoué qu’il était préoccupé, que de plus en plus, ils se séparaient des neutres et des protestants de France, qu’ils n’avaient fait alliance que sur l’ordre du cardinal Dubois et que l’Office International du Scoutisme catholique ne s’était affilié au Bureau International du Scoutisme Universel de Londres que sur le conseil de Benoît XV. Il s’est de plus excusé en disant que depuis quatre ans personne ne lui avait fait la moindre observation et qu’il n’avait reçu que des approbations pontificales, cardinalices et épiscopales. Cet argument d’autorité est spécieux, gênant même. Je lui ai dit que je n’avais pas à juger la chose et que je me contentai d’être objectif. Poussé à bout, il m’a dit : « Et pourtant le Saint Esprit a certainement inspiré le cardinal Bourne en cette affaire. » Il eût été fort étonnant que le Saint Esprit ne fût pas mis en cause. Le Père Sevin est coutumier du fait. Il esPère en effet, comme il est dit dans son livre, que le Saint Esprit mènera à bonne fin l’entreprise de Baden. Le cardinal Billot a bien ri quand je lui ai fait part de cet argument à l’emporte-pièce… La conclusion de ce premier point fut qu’il était fort désirable que le scoutisme catholique commençât par se séparer totalement des autres. Il en a convenu et m’a semblé disposé à le faire. Ensuite, je lui ai montré que le scoutisme étant intrinsèquement mauvais, il fallait le supprimer tout simplement. Alors, j’ai fait le procès de la morale scoute. C’est là que le Père Sevin a pataugé. Comment ! cette morale si belle, la pure fleur du catholicisme. Je lui ai montré d’où provenait cette morale tant vantée. Il a essayé avec des textes de l’Evangile, de catholiciser tous ces préceptes d’Annie Besant. S’il ne voit pas l’impossibilité où il est de purifier de son origine tarée une pareille marchandise, tant pis pour lui. Mais il le voit, il s’en rend compte. Il a bien quand même quelque chose de l’illuminé et du rêveur dans son regard voilé et noyé, dans son air doucereux auquel je ne me fie pas. (…) Pour finir, le général m’a fait un éloge de la Chevalerie du Moyen-Age qui m’a fait sourire. Naïf. Tous deux sont partis, plutôt affaissés. Le Père Sevin était déprimé. Il ne m’a pas caché qu’il redoutait une désapprobation générale. Qu’allons-nous devenir ? Cela, c’est l’aveu. Le général était déconfit, et sans ressources, n’ayant même pas celle de me coller quatre jours… » Lettre au Père Desrousseaux du 28 mai 1924 . Ce compte-rendu du Père Jeoffroid est remarquable par la force des principes et la Foi du religieux de Saint Vincent de Paul. Le Père Sevin apparaît ici sous son vrai jour, celui d’un libéral tourmenté d’avoir été démasqué. Au lieu de chercher à se documenter sur la théosophie et de réfléchir aux réfutations du Père Jeoffroid pour préserver les jeunes de l’influence théosophe, il se justifiera pour l’essentiel, en acceptant de se corriger sur les détails. En attendant, il fait le siège du bureau du cardinal Gasparri, le Secrétaire d’Etat de Pie XI, poulain du franc-maçon Rampolla, et obtient gain de cause. Pie XI, qui entretenait de grandes craintes envers le scoutisme au début de l’affaire et refusait de recevoir le fondateur des Scouts de France en audience, est complètement retourné et donne sa bénédiction au Père Sevin. La partie est gagnée, le scoutisme est sauvé. Mais à quel prix pour l’histoire de l’Eglise en France ! Le Père Sevin apportera des rectificatifs, suite à cet entretien avec le Père Jeoffroid, qu’il réunira dans un ouvrage intitulé Les leçons de notre séjour à Rome. Il fit montre dans ce livre de son côté rêveur qu’avait bien décelé le Père Jeoffroid. Il refuse d’admettre que le scoutisme est intrinsèquement mauvais, alors il tente de corriger certains détails trop voyants. Mais le poison, aussi dilué soit-il, est toujours là. Tout comme ces chrétiens qui voulaient baptiser et christianiser le communisme intrinsèquement pervers, le Père Sevin s’entête dans son illusion et ne fera que retarder la catastrophe, il n’en demeurera pas moins la cause.
Le 15 mars 1933, au cours d’une réunion du Comité Directeur, le Père Sevin, Commissaire à la formation des Chefs, fut déchargé de ses fonctions sans aucune discussion, ni aucun ménagement. Les raisons profondes n’ont jamais été élucidées, sans doute des jalousies d’hommes. Le Père accepta cette éviction mais en fut profondément meurtri. Il réintégra la Compagnie de Jésus, à Lille, où il redeviendra un simple aumônier de troupe. Cette nouvelle vie lui laissa du temps libre pour développer la « mystique scoute » qui devait inspirer un ordre religieux scout. Il créa dans ce but un cercle spirituel pour des guides aînées et des cheftaines. A l’Ascension 1935, lors d’une retraite prêchée à la Plesse (49), il rencontra une cheftaine, Jacqueline Brière, qui sera la première Prieure de la communauté religieuse de la Sainte Croix de Jérusalem, comportant quatre membres pour commencer en 1943. Elles se feront appeler les Dames de Sainte Croix de Jérusalem. Le 16 juin 1949, Mgr Roëder, évêque de Beauvais, érigeait canoniquement la communauté de onze Dames en une pieuse union après avoir approuvé leurs constitutions.
Si le Père Sevin s’est tourné vers les Guides et les Cheftaines pour transmettre sa « mystique scoute », c’était évidemment en raison des circonstances de son départ du Comité Directeur des Scouts de France. Il avait toujours rêver former des prêtres scouts et non pas seulement des aumôniers scouts. Il espérait toujours pouvoir réaliser son grand projet de branche masculine que la création de la branche féminine confortait dans ses espérances. Alors qu’il était en pèlerinage à Vézelay, en 1946, le Père Sevin aperçut un jeune aumônier de Calais entouré de ses Routiers. A la fin de la messe, le Père échangea quelques mots avec cet aumônier, c’était le Père Revet, futur fondateur du Village d’enfants de Riaumont. Le 13 décembre de la même année, le Père Sevin lui écrivait une lettre, précisant son idée de fondation d’un ordre masculin et sollicitant son avis et ses prières. Le jeune Père Revet n’était pas encore prêt à faire le pas. Quand en 1950, après la mort du Père Sevin, Mgr Rupp, exécuteur testamentaire, trouva le nom du Père Revet dans les papiers du fondateur des scouts de France à propos de l’ordre masculin, il prit contact avec lui. Mgr Rupp, nonce apostolique à Bagdad, fut un observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’ONU et de l’UNESCO après avoir été évêque de Monaco de 1962 à 1972. Chef de troupe dans sa jeunesse, Mgr Rupp fut toute sa vie le protecteur du scoutisme. Il joua un rôle capital dans la reconnaissance des Dames de la Sainte Croix de Jérusalem. Avec l’aide de l’abbaye de Fontgombault, il appuya l’érection canonique de l’Institut de la Sainte Croix de Riaumont, reconnu par Rome en 1991 dépendant de la Commission Ecclesia Dei. Le Père Sevin est mort dans la nuit du 19 au 20 juillet 1951 ; sa cause de béatification a été introduite à Rome en 1989. Les gnostiques œcuménistes de Vatican d’eux savent reconnaître les leurs…. Le Père Jeoffroid ou Mgr Delassus ne sont pas encore béatifiés, eux qui ont osé dénoncé la perversité du scoutisme prétendu catholique ! _________________ C'EST L'ERREUR PLUS QUE LE VICE QUI NOUS A PERDUS. Le vice et même le crime ont des limites, l'erreur n'en a pas. IL FAUT DONC DIRE LA VÉRITÉ SANS FINESSE NI STRATEGIE. |
| .gif) | | Denis Merlin Ecuyer
Inscrit le : 27 Oct 2007 Messages : 2
| Sujet: Re: Le scoutisme Sam 27 Oct 2007 - 11:11 | |
| Monsieur l'abbé, c'est effectivement passionnant.
A mon sens le rôle du pape Pie XI dans cette catastrophe qu'est le scoutisme catholique mériterait d'être plus mise en évidence. Sans ce pape, il n'y aurait pas l'extension du scoutisme dans les milieux catholiques.
Pour moi voyez-vous je trouve que le scoutisme est d'abord contraire
1 - Au principe d'égalité de tous les êtres humains. Par exemple dire la vérité, être loyal ce n'est pas réservé à quelques uns, c'est le bien commun de tous.
Ensuite :
2 - Il fait manifestement référence au mythe des Hobbes, Jean-Jacques Rousseau d'une asociété originaire et imaginaire antérieure à la famille. Dans ce mythe on met en scène un être humain totalement seul, s'accouplant au hasard des rencontres et la femelle (pardon, mais c'est comme cela que le "divin Jean-Jacques parle des femmes) mettant bas sans s'occuper du petit plus que pour sa survie (discours sur l'origine de l'inégalité).
Bien sûr le scoutisme ne va pas si loin, et puisque l'être humain est nécessairement social il cherche à retrouver cet âge en faisant l'enfant coupé de la famille et en créant une société visant à retrouver l'état sauvage où l'on construit seul sa culture et sa personnalité. Sa parentée avec le darwinisme (lui-même fils de Hobbes et de Rousseau et père du marxisme) est aussi évidente.
C'est ce qui explique cet avilissement des enfants (comme l'avilissement de l'homme dans les cérémonies maçonniques) dans des cérémonies bestiales. On veut retrouve la parentée (imaginaire) avec les bêtes dont parle Darwin.
Le scoutisme forme aussi à la duplicité par la "loyauté" aux institutions issues de la civilisation (religion, famille, patrie). Alors que, selon les révolutionnaires, ces institutions ne sont que des aliénations de la personne. Aliénation de la personne vraie, amicale et sauvage. On leur doit des courbettes à ces institutions, afin de ne pas les avoir "sur le dos", mais la vraie vie est ailleurs.
Permettez-moi de dire que votre pensée qui semble dire : théosophie = mal, donc tout est mal dans la théosophie me semble exagérée.
La théosophie parle de fraternité universelle, d'amour du prochain (encore que je crois que le terme "amour" n'y est pas) etc. Bref, certaines de ces idées sont valables et ne sont mises en avant par le démon que pour faire accepter l'inacceptable. Mais en condamnant sans nuance, vous donnez l'impression de condamner ces idées qui sont valables.
D'autre part, vous condamnez sans titre le concile Vatican II (vous écrivez Vatican d'eux) alors que ce concile condamne la liberté de conscience, et parle dans Gaudium et Spes légitimement de la fraternité universelle. "(...) vester, omnes autem vos fratres estis" Mth 23, 8 "vous êtes tous frères"
Cette coupure de la famille, de la patrie et de l'Eglise pour former une société de "meilleurs", de gens vraiment naturels ou vraiment soi-disant plus chrétiens, c'est cela qui me semble condamnable. Au lieu d'introduire dans la société et au patrimoine religieux et culturel des ancêtres et de la civilisation, l'éducation vise ici à se "libérer" de la civilisation pour redevenir le sauvage sans société qui se construit lui-même sans besoin de personne.
Ce pharisaïsme institutionalisé joint à cette impiété doctrinale est ce qui me fait rejeter le scoutisme comme méthode d'éducation.
Dernière édition par le Sam 27 Oct 2007 - 14:59, édité 1 fois |
| .gif) | | Jean-Michel Rang: Administrateur

   Age : 56 Inscrit le : 16 Avr 2005 Messages : 1387 Votre commune et votre pays : Paris La Défense - Royaume de France Votre profession : Communicateur Vos loisirs : Internautiques
| Sujet: Re: Le scoutisme Sam 27 Oct 2007 - 14:41 | |
| . Bonjour Denis Merlin !
Les us et coutumes de notre forum demande que chaque nouveau participant commence par se présenter aux autres membres pour rendre nos rapports moins impersonnels.
Vous pouvez le faire dans cette rubrique : http://france-royaliste.forumactif.com/presentations-f48/
Je ne sais pas quand Monsieur l'abbé pourra vous répondre. Il doit suivre une longue convalescence à la suite d'un grave accident de voiture. Nous prions pour son rétablissement.
Merci de votre attention. _ _________________ Cordialement, Jean-Michel, France Royaliste, administrateur. |
| .gif) | | Labo-Scout Ecuyer
Inscrit le : 06 Nov 2007 Messages : 4
| Sujet: Re: Le scoutisme Mar 6 Nov 2007 - 21:46 | |
| On nous a signalé (cf. le Forum Catholique) cet exposé demeuré sans réponse depuis plusieurs mois. Permettez nous d'y apporter quelques remarques, en cette année du centenaire du scoutisme.
« On conçoit qu’à ses débuts le visage maternel de l'Église se soit penché, avec une ombre d’inquiétude dans le regard, sur le berceau de ce nouveau-né dru et remuant qui promettait de n’être pas tout à fait un petit garçon comme les autres. » (vers un Ordre Scout, P. Sevin, 1931)
Il ne faut rejeter pas trop vite les reproches de naturalisme, libéralisme, interconfessionalisme, relativisme, et autres modernismes ! Une telle légèreté serait preuve d'inconscience. A Riaumont au contraire, le scoutisme du P. Sevin nous a permis d'être vaccinés et immunisés contre de telles dérives, que dénonce justement l'auteur.
ll est incontestable que si les évêques ont reçu d'abord avec méfiance ce scoutisme laïque des Eclaireurs de France (à ne pas confondre avec ce que seront les Scouts de France) c'est qu'ils avaient des raisons d'être inquiets. Dieu merci, toute l'Église de France ne versait pas dans le modernisme, à l'époque ! Et heureusement qu'ils y ont regardé à deux fois, avant d'admettre cette « catholicisation » du scouting...
Néanmoins, vous vous doutez bien que nous ne pouvons souscrire à la conclusion radicale de l'Abbé Grossin... Si son érudition semble impressionnante, elle n'est pas exhaustive et son argumentation paraît particulièrement faible. Nous essaierons demain d'en relever les erreurs. |
| .gif) | | Labo-Scout Ecuyer
Inscrit le : 06 Nov 2007 Messages : 4
| Sujet: Re: Le scoutisme Mer 7 Nov 2007 - 16:10 | |
| Reconnaissons à M. l'abbé Grossin une meilleure documentation sur la théosophie, que sur le scoutisme... Nous ne voudrions pas que cette vingtaine de remarques ait l'air d'une attaque personnelle, mais n'ayant pas suivi au fur et à mesure ses longs exposés, et ayant été cités, nous sommes obligés d'y répondre ici en bloc. Qu'on nous pardonne le style un peu sec d'une telle énumération...
1 - Mer 28 Mar 2007 9h.53 : B.P. « il était Franc-Maçon et faisait partie de la Société Théosophique » ? Première affirmation gratuite et sans preuve. Accusation grave ne se basant que sur des rapprochements et amalgames. S'il est vrai que de nombreux F.M. ont entouré Baden-Powell (cf. aussi Kipling) son affiliation personnelle a toujours été niée par la Franc-Maçonnerie (même dans des loges régimentaires, que la FM ouvrait comme des clubs, au sein de l'armée anglaise) ! Et comme le remarque d'ailleurs l'auteur dans son post suivant de 10h.02 « citons notamment le Dictionnaire de la F.M. de Daniel Ligou, énorme volume de 1300 pages et ouvrage essentiel sur le sujet. La qualité maçonnique de BP y est qualifiée de « légende solidement établie » dans un article « Scoutisme », pp. 1094-1095, comprenant par ailleurs de nombreuses erreurs. Le Dictionnaire de la Franc-Maçonnerie et des Francs-Maçons d’Alec Mellor dit la même chose. »
2- Dans la même page l'auteur cite l’École des Roches où Georges Berthier avait fondé une des toutes premières troupes Eclaireurs (neutres) de France. Il fait remarquer que ce sera l’école d'André Charlier, où Madiran et Dom Gérard ont été élèves. Si on adopte la même méthode d'amalgame, on devrait en conclure que ces trois éminents contre-révolutionnaires ont été nécessairement « théosophisés » par l'influence délétère de cette école !
3- Attribuer à B.P. toute la pensée théosophe d'Annie Besant relève du même procédé malhonnête par rapprochement. Il a dû intervenir aux Indes où précisément le scoutisme menaçait de faire scission. On ne comprend pas le rapport : BP a-t-il agi contre Annie Besant qui cherchait à faire une scission ? Quand par exemple l'abbé Grossin prêchait au prieuré de la FSSPX de Lanvallay serait-il honnête d'attribuer toutes ses jugements à ses collègues de Côtes d'Armor ?
4- Nicolas Benoît : (Mer 28 Mar 2007 – 9:53) « Sous le pseudonyme de Victor Morgan, il venait de publier un admirable petit livre, aujourd’hui introuvable : La Voie du Chevalier ». Admirable ce livre ? Mettons une telle appréciation de la part de l'Abbé sur le compte de son humour... Mais introuvable ce livre ? Il suffit de passer au Laboratoire Scout de Riaumont pour l'étudier (sa réédition établie en 1986 a été republiée en 1991 par les EdF. de Rouen). Les articles franc-maçons de Pierre Deschamps ont été repris dans la revue Matines dans les années 80, et sont régulièrement cités par J.J. Gauthé et les néo-scouts de France, non sans arrière pensées... (On pourra trouver d'ailleurs aussi à la Bibliothèque de Riaumont un témoignage de la famille de Pierre Deschamps, prouvant que c'est bien lui qui écrivait sous le nom de Ben Hiram en 1950, en reprenant son texte de La Chaîne d’Union datant de 1938).
5- Mer 28 Mar 2007 - 9:59 « C’est la papauté elle-même qui, dès 1911, prit l’initiative de contrarier l’essor du scoutisme. J’ai eu sous les yeux l’article publié ce jour-là par la Correspondance de Rome. » Voilà un singulier raccourci qui mène droit au contre sens !
En effet, la première approbation pontificale date du pontificat de st Pie X lui-même (18 janvier 1913), avec une lettre de félicitations du cardinal Merry del Val, son secrétaire général, adressée à Jean Corbisier, chef des BP Belgian Catholic Boy-scouts. "Il m'a été agréable d'apprendre les intéressants détails sur la récente formation des Belgian Catholic Scouts dont vous êtes le chef, sur le but de cette excellente oeuvre de jeunesse, qui a rencontré l'approbation de S.E. le cardinal-archevêque de Malines et de l'épiscopat belge.(...). Le Saint-Père, qui a appris lui-même avec satisfaction ces détails, envoie de tout cœur une spéciale bénédiction, gage des faveurs célestes." Cette lettre se trouve par exemple dans le Manuel du boy-scout, Belgique, 1914, p.8 et 9. (Elle est aussi reprise dans les Études de février 1913, suscitant ainsi les fameux articles du père Caye qui mirent la puce à l'oreille au jeune P. Sevin). Alors st Pie X et le Cardinal Merry del Val seraient ils aussi de naïfs théosophes qui s'ignorent ?..
Il suffit de consulter les nombreuses approbations des souverains Pontifes.
M. l'abbé Grossin ne peut ignorer ainsi délibérément les enseignements des Saints Pontifes, ni attribuer à la Correspondance de Rome une plus grande valeur canonique... A moins d'une tournure d'esprit sédévacantiste, à dater de 1913, particulièrement précoce ?..
6- L'auteur recopie ensuite la critique de la semaine religieuse de de Cambrai en 1911. Il eut été plus inspiré de considérer les prétextes avancés du point de vue de la Franc-Maçonnerie, arguments étudiés par le P. Sevin lui-même dans le Scoutisme (annexe au ch. III) plutôt que de « constater sa très visible parenté avec la Franc-Maçonnerie : l’étoile à cinq rais. » Il suffirait de répondre que sur le drapeau marocain cet étoile évoque plus l'islam que la FM ! De même pour ce qui est dit de la Table Ronde (Mer 28 Mar 2007 - 19:15 )
7- Ven 30 Mar 2007 - 18:20 « Prenons la loi scoute catholique, présentée par le Père Sevin, et nous montrerons qu’elle n’est autre que l’éthique des théosophes. » Là, la démonstration n'est guère plus convaincante... L'argumentaire est bizarre puisqu'il se résume à dire que le scoutisme et la théosophie ont des notions communes : le service, la pureté, la franchise... (cf. Ven 30 Mar 2007 - 18:21 )
8- « " Servir " est le mot d’ordre des scouts catholiques et des scouts tout court. Ils ne se font pas faute de le répéter dans tous leurs écrits. Mais c’est avant tout un mot d’ordre théosophique. » On atteint l'énormité. Faudra-t-il adopter le « non serviam » pour échapper à une telle critique ? Avec ce genre d'argument, on en viendrait à soupçonner même le « fiat » de la Servante du Seigneur ! « Mais servir qui ou quoi ? Voilà la question à laquelle nous attendons une réponse précise... » mais cette réponse est très claire dans notre texte de promesse. Avec dans l'ordre : servir Dieu, l'Église, la Patrie...
9- L'Abbé Grossin énonce : « Que ce soit dans ses méditations (L’Évangile du Boy Scout) ou dans les chants qu’il a composés, le Père Sevin ne peut s’empêcher d’adapter les plus beaux mystères de notre Foi aux niaiseries du scoutisme. » (Lun 2 Avr 2007 – 16:42) Non, l'abbé inverse les choses ; le Père Sevin a magnifiquement adapté une méthode pédagogique, (que l'abbé a le droit de trouver niaise), à la doctrine de l'Evangile.
Allons voir de près les niaiseries en question. Voici comment le Père Sevin s'y prend pour préciser qui il faut servir et qui il faut suivre. Dans cette paraphrase du texte évangélique à l'usage des scouts, le Père Sevin fait parler le Seigneur à la première personne :
"Au ciel je vous prépare une place, et ce ne sera pas seulement un camp de passage, mais dans la maison de mon Père. Et, quand votre place sera prête, je reviendrai vous prendre avec moi, afin que tous mes scouts soient là où est leur Maître. Et pour y arriver, vous savez la route. La route, c'est Moi. Et il n'y a pas d'autre carte à consulter. La vérité, c'est Moi encore. Qui s'éloigne de la vérité s'éloigne de Moi, et qui s'éloigne de Moi s'éloigne de la vérité. Je suis la vérité que tu dois croire, et la vérité que tu dois dire. Et je suis la vie - La vraie vie. Hors de moi, il n'y a que mort et péché." (P. Sevin, Méditations scoutes sur l'Évangile. Commentaire sur l'évangile de Saint Jean.)
10- Au sujet du scoutisme non confessionnel :
« Pauvres petits scouts qui n'osez pas être avec moi, et qui faites votre promesse en supprimant le nom de Dieu : Le nom du Père qui vous a créés ; Le nom du Fils qui est mort pour vous ; Le nom du Saint-Esprit qui vous a donné dans la confirmation la force de ne pas rougir de l'Évangile. Pauvres petits baptisés qui n'osez pas faire acte de chrétiens parce qu'un camarade (et quand ce serait un Chef ?) pourrait vous dire comme le valet à Pierre : "Et toi aussi, tu es de ces gens-là ? ......" N'aie donc pas peur d'être de ces gens-là, car c'est ceux que je n'appelle plus mes serviteurs, mais mes amis. Je te raconterai, mon scout, une parabole : De nombreux scouts étaient assis autour du feu de camp et se chauffaient en attendant leur tour de prononcer leur promesse. Et un chef se leva et jura sur le feu de servir sa patrie et d'être loyal et généreux. Et un scout se leva et jura de même. Un second se leva et jura de même, puis un troisième, puis un quatrième, et ainsi de suite. On aurait dit que je n'existais pas. Et tous ces adolescents avaient été baptisés au nom de la Sainte Trinité : ils avaient fait leur première communion et ils allaient à la messe le dimanche. Et, au fond, ils disaient : je ne connais pas cet homme. Parce que tous avaient peur d'être reconnus pour un disciple, ils avaient peur d'être de ces gens-là. Et leur promesse scoute reniait leur promesse de chrétiens. » (P. Sevin, Méditations scoutes sur l'Évangile. Commentaire sur l'évangile de Saint Jean. 18, 15-27).
Monsieur l'abbé Grossin est libre de trouver que le style est niais. Mais il déraisonne quand il parle de théosophie. Mais qu'importe à vrai dire cette analyse des textes, quand l'abbé affirme de manière contradictoire (Sam 31 Mar 2007 - 15:15) « L’article de la loi qui stipule que le devoir du scout commence à la maison ne change rien à la logique des choses. » L'auteur raisonne en dépit des textes au nom d'une « logiques des choses » qui repose exclusivement sur un amalgame symbolique douteux.
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| Sujet: Re: Le scoutisme Mer 7 Nov 2007 - 16:11 | |
| 11- A propos du Jamboree de 1929 où « BP fit distribuer une flèche d’or », il aurait été pertinent de préciser qu'il se déroula à Arrow Park... dont l'insigne était bien-sûr la flèche (cf. Photo des grilles d'entrée dans Un jour les Scouts p.46). Au lieu de se lancer sur la symbolique que les théosophes attribuent aux flèches, on pourrait aussi bien faire remarquer qu'à l'époque les trois flèches sont l'insigne de la SFIO (parti socialiste de Léon Blum) ou encore qu'on les retrouve avec le joug dans les phalanges franquistes... Alors théosophe lui aussi, le Caudillo ? C'est une plaisanterie !
12- « Sixième article... Nos catholiques trouvent cet article charmant et d’inspiration franciscaine. Il est d’origine théosophique » C'est justement pour parer à toute dérive panthéiste que l'AG de 1924 ( = « Les leçons de notre séjour à Rome »...) modifiera la formulation « voit Dieu dans la nature » en : « voit dans la nature l’œuvre de Dieu ».
13- L'auteur n'apporte guère d'arguments nouveaux à ceux ressassés depuis un siècle. Il recopie les documents des Religieux de St Vincent de Paul qu'il a sous les yeux sans se rendre compte de l'incongruité qu'il y a à dire aujourd'hui que l'Eglise avait trouvé la solution idéale pour former des petits chrétiens « elle le faisait très bien dans les Patronages. » (Lun 2 Avr 2007 - 16:42 ) : « N’avions-nous pas des méthodes de patronages excellentes pour former la jeunesse à la piété et au dévouement ? » Lun 2 Avr 2007 - 16:42 « Il fallait garder et développer les Patronages fondés par des Congrégations religieuses comme les Frères de Saint Vincent de Paul ou l’Œuvre de la Jeunesse ouvrière du Père Timon-David » Mais Que sont devenues ces oeuvres magnifiques de patronages ou même d'Action Catholique ? Qu'en reste-t-il donc après la crise moderniste ? Ont elles mieux résisté que le scoutisme? Le second Concile du Vatican n'est pas plus l'oeuvre des scouts que celle d'élèves sortis de ces mêmes patronages.
L'auteur voudrait-il prendre en exemple l'ancien premier ministre Édouard Balladur qui a été formé à Marseille dans cette Œuvre J.J. Allemand, patronage créée en 1799 pour résister à l'esprit révolutionnaire dont la devise était: «Ici on prie, ici on joue» ? Si France_en_velours ou Vieux chouan mettaient leurs enfants au Patronage, seraient-ils assurés que le football catholique les prémunirait davantage que le scoutisme face à la crise moderniste ? Il y a autant des théosophes chez les footballeurs que chez les scouts.
14- Sam 31 Mar 2007 - 15:12 « Il ne faut donc pas s’étonner que les scouts, même catholiques, soutiennent et militent dans le cadre de l’ONU : soit comme fonctionnaires, soit comme militaires. Le cas de Mgr Rupp, ancien chef scout et délégué du Vatican à l’ONU, est emblématique. » Donc par exemple le capitaine Thomas mourant au Liban dans l'attentat du Drakkar en 1983 avec les Casques Bleus était forcément un théosophe acquis à l'idéologie mondialiste de l'ONU ! Et pour reprendre l'idée des patronages, est-il prouvé qu'aucun de leurs anciens n'a eu par la suite de contact avec des organisations internationales comme l'ONU ?..
Quand à Mgr Rupp (le seul évêque ayant soutenu la Contre-Réforme scoute dans les années 60), on peut ajouter que, polyglotte (9 langues !), il a été nommé aussi Nonce apostolique en Irak. Cela en fait-il un sympathisant de l'Islam sunnite ou bien du partie Baas de Saddam Hussein ?
15- Quand il nous parle de Vera Barclay (message du Mar 3 Avr 2007 - 12:02) quel dommage que l'abbé oublie de nous rappeler qu 'elle est née (comme B.P.) d'un père pasteur dans une famille protestante mais qu'elle se convertie au catholicisme (comme le fera aussi Marie Diémer, à l'origine des Jeannettes Guides de France) ! C'est une figure nettement plus influente qu'Annie Besant : Vera Barclay fut la co-fondatrice de la branche louvetisme, et auteur d'ouvrages célèbres sur la méthode louveteaux. BP lui attribua la plus haute distinction honorifique du scoutisme, et le P. Sevin la fit venir aux premiers camps-école de Chamarande où Annie Besant n'a jamais mis les pieds.
16- Sam 31 Mar 2007 - 15:15 « Le système des badges (brevets de capacité) révèle aussi le libéralisme de l’éducation scoute. Dans la liste proposée aux enfants, vous trouvez pêle-mêle et indifféremment : l’acolyte, l’acteur, l’affûteur, l’apologiste, le géomètre, l’astronome, le catéchiste... » Il n'y a de pêle-mêle que pour celui qui a choisi de les recopier dans ce désordre... même pas alphabétique ! Les « Badges blancs » et épreuves religieuses apparaissant toujours nettement en premier dans tous les manuels.
17- « Que ce soit dans ses méditations (L’Évangile du Boy Scout) ou dans les chants qu’il a composés, le Père Sevin ne peut s’empêcher d’adapter les plus beaux mystères de notre Foi aux niaiseries du scoutisme. » Lun 2 Avr 2007 - 16:42 ne nous semble donc pas insupportable. C'est le contraire qui serait inquiétant, s'il ne croyait pas que scoutisme et la religion catholique puissent s'unir.
18- Lun 2 Avr 2007 – 16:42 : l'abbé cite enfin sa source, le P. Henri Jeoffroid (et non Geoffroid), Frère de Saint-Vincent-de-Paul, qui fut à Rome, pendant sept ans l’aumônier du célèbre patronage des Prati di Castello ? Christophe Carichon a déjà bien étudié cette affaire.
19- Mar 3 Avr 2007 - 12:02 « le Père Sevin fonda en même temps l’Office International des Scouts Catholiques avec des buts et un règlement propres. Cette organisation reçut l’approbation du pape Benoît XV, le 28 juin 1921 et eut un représentant officiel permanent auprès du Saint-Siège. » Le Père Jeoffroid lui-même rapporte (Lettre au Père Desrousseaux du 28 mai 1924) que le P. Sevin « était préoccupé, que de plus en plus, ils se séparaient des neutres et des protestants de France, qu’ils n’avaient fait alliance que sur l’ordre du cardinal Dubois et que l’Office International du Scoutisme catholique ne s’était affilié au Bureau International du Scoutisme Universel de Londres que sur le conseil de Benoît XV ». Difficile dès lors de croire que c'était un doux rêveur, ignorant les dangers du relativisme et de l'interconfessionalisme ou d'une fraternité sans Père commun. |
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| Sujet: Re: Le scoutisme Mer 7 Nov 2007 - 16:26 | |
| 20- Conclusion
Mais plus fondamentalement, pour l'Abbé Grossin, (Mar 3 Avr 2007 - 12:03) « Le Père Sevin apportera des rectificatifs, suite à cet entretien avec le Père Jeoffroid, qu’il réunira dans un ouvrage intitulé Les leçons de notre séjour à Rome. Il fit montre dans ce livre de son côté rêveur qu’avait bien décelé le Père Jeoffroid. Il refuse d’admettre que le scoutisme est intrinsèquement mauvais, alors il tente de corriger certains détails trop voyants. Mais le poison, aussi dilué soit-il, est toujours là. Tout comme ces chrétiens qui voulaient baptiser et christianiser le communisme intrinsèquement pervers, le Père Sevin s’entête dans son illusion et ne fera que retarder la catastrophe... »
Lun 2 Avr 2007 - 16:42 « Bien sûr, certains aumôniers et certains chefs vont corriger cela , mais ils ne changeront pas la nature du scoutisme pour autant... Un plaquage souvent mal réussi sinon grotesque des vérités catholiques sur ce fond théosophique ne changera pas la nature du scoutisme, cela ne le changera pas substantiellement. Seuls quelques détails secondaires seront changés et les ajouts catholiques demeureront accessoires par rapport à la méthode elle-même exposée par le théosophe Baden Powell ... On ne baptise pas le diable... On nous objectera que les formules vagues que d’autres interprètent dans un sens naturaliste sont surnaturalisées par les aumôniers et les chefs catholiques. Je réponds que la méthode scoute est intrinsèquement perverse... Nous disons que TOUT est à supprimer dans le scoutisme catholique, car ce qui est proprement scout est intrinsèquement mauvais »
« L'intrinsèquement pervers » apparaît bien dans un document pontifical célèbre, mais cette encyclique trop oubliée condamne le communisme et non pas le scoutisme ! On nous permettra de ne pas accorder la même autorité à l'auteur de ces lignes. Nous avons pu relever ci-dessus pas mal d'erreurs dans l'interprétation de l'Abbé Grossin, mais le fond de son argument est sans appel : si la méthode est déclarée intrinsèquement perverse, il n' y a rien à y faire ! Le seul problème est que Rome a toujours dit le contraire, y compris du temps de St Pie X...
En fin de compte, l'abbé Grossin raisonne davantage par amalgames, en comparant des symboles (voire des concepts) mais non pas en critiquant les textes sur leur fond. Sa culture théosophique est très au point. Mais il ne semble pas avoir lu les écrits des Pères Sevin, Doncoeur, Maréchal, Forestier, de Chivré... qui ne peuvent raisonnablement tous passer pour des théosophes.
Notre beau scoutisme, qui a déjà produit tant de fruits remarquables est certes une méthode d'éducation naturelle qui nécessite d'être surnaturalisée. « Il faut surtout qu’il [le Scoutisme] soit dirigé par des mains sûres et selon la pensée du fondateur lui-même. Ces mains ne peuvent être que chrétiennes. Le boomerang australien est une arme d’une précision merveilleuse; mais, mal maniée, elle n’est redoutable que pour celui qui s’en sert. Ainsi le scoutisme: la religion seule lui assigne le but à viser; sans elle, il n’est plus qu’un boomerang lancé à l’aventure: il frappera juste, parfois: mais ses fantaisies aériennes n’iront pas sans accidents. » [Le Scoutisme, P. Sevin, ch. XVI. Conclusions: l’esprit scout]
Et les références culturelles du scoutisme sont faciles à voir ! Ce sont celles de la chevalerie, non celle des théosophes, comme on voudrait nous le faire croire. « Non, l'Indianisme n'est pas plus le Scoutisme que l'Indien n'est le premier Scout» (Indianisme ou chevalerie Article du P. Sevin, dans le Chef n° 4 , juin 1922 p. 56 à 60, voir aussi chapitre sur le peau-rougisme dans Le Scoutisme).
Comme le remarque finement Rémi Fontaine dans l'âme du Scoutisme : « C'est pour l'avoir très vite compris que des éducateurs français et catholiques voulurent “ baptiser ” le scoutisme de Baden Powell, comme on dit par exemple que saint Thomas a baptisé la philosophie d'Aristote. Car la loi naturelle était remarquablement retrouvée dans ce scoutisme né outre-Manche, avec l'apprentissage des vertus humaines et chrétiennes, du sens de Dieu et des responsabilités, de la piété et de l'honneur, du dévouement et du devoir d'état, de l'économie et du travail bien fait... (loi, promesse et principes); mais aussi avec l'application du principe de subsidiarité et le respect du couple autorité-liberté (système des patrouilles). Le scoutisme aime “ tout ce qui est naturellement bon, noble, sain : simplicité de vie, amour de la nature et de la patrie, sentiment de l'honneur, maîtrise de soi, obéissance, dévouement au service des autres dans un esprit de fraternité et de chevalerie ”, résumait Pie XII (le 10 septembre 1946).
Interrogé sur les raisons profondes qui lui faisaient aimer le scoutisme, Édouard de Macedo, l'un des trois cofondateurs officiels des Scouts de France (avec le chanoine Cornette et le père Sevin), répondait ainsi : Il y a, je crois, trois motifs principaux à mon sentiment. Le premier, dois-je l'avouer, est à caractère philosophique, parce que j'ai vu dans le scoutisme, dans son ordre, dans sa loi, une vivante application du thomisme. Le scoutisme, c'est la doctrine de saint Thomas d'Aquin vécue... »
Continuons donc de pratiquer notre scoutisme, en bon chef qui « sachant qu'en scoutisme comme en toute chose ce sont les idées qui mènent le monde (...) s'efforce d'acquérir les idées hautes, afin d'avoir des idées larges, laissant aux médiocres bien intentionnés de n'avoir que des procédés ou, au mieux, des sentiments. Et voilà pourquoi, si le meilleur travail du scout s'accomplit en plein air, c'est qu'il a été précédé de celui du scoutmestre, - à son prie-Dieu d'abord, et nous y reviendrons, - mais aussi à sa table de travail, livre sous les yeux et plume à la main. » (P. Sevin : Pour penser scoutement, 1924).
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